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Liberté d’expression : Tebboune nie l’existence de détenus d’opinion

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Encore une fois, le président de la République nie l’existence de détenus d’opinion dans les prisons algériennes. Le chef de l’Etat a exprimé, mardi 15 février lors d’un entretien accordé à des représentants de médias nationaux, sa « conviction » qu’« il n’y a aucun détenu pour délit d’opinion ».

Alors que les organisations de défense des droits de l’Homme énumèrent plus de 300 détenus d’opinion en Algérie, Abdelmadjid Tebboune persiste et signe. Pour lui « attenter à la sécurité publique, occuper des lieux par la force, l’insulte, l’invective et le désordre ne relèvent pas de la liberté d’expression ».

Estimant que la démocratie « se construit avec une liberté d’expression responsable », le Président Tebboune insiste que « rédiger un article pour attenter au moral de l’Armée ne relève pas d’une opinion ». C’est plutôt « de la manipulation pour briser l’armée », a-t-il admis.

Depuis le 28 janvier dernier, « une quarantaine de détenus d’opinion observent une grève de la faim dans différentes prisons du pays », selon les avocats de la défense, pour dénoncer le prolongement de leur détention sans procès et les lourds chefs d’inculpation pour lesquels ils sont poursuivis (Art 87 bis du Code pénal).

Pour appuyer ses dires, le locataire du palais d’El Mouradia, aborde le volet des médias. Il explique que des chaines de radio et de télévision « existent de façon illégale », mais restent quant même « tolérées ». Rappelant que la Constitution amendée en 2020 « garanti la liberté d’expression », Tebboune ajoute que beaucoup d’activités « obéissent désormais au système déclaratif ». Avant d’avertir : « Celui qui organise une action de protestation sans autorisation, assume ses responsabilités » !

Entre système déclaratif et autorisation !

Sur l’exercice du métier de journaliste, le Président Tebboune se lance, une fois de plus, dans l’étalage des chiffres : « 8000 journalistes, plus de 20 chaines de télévision et 180 journaux pour qui nous imprimons sans qu’ils payent ». « Si musèlement il y a, cela aurait été fait par voie commerciale, en prononçant la fermeture pour non paiement des droits d’imprimerie », a-t-il justifié.

Sonnant comme la fin de la liberté pour tous, le chef de l’Etat explique que « le problème » dans ce domaine « c’est qu’on est passé par une période où tout était autorisé ». « On respecte celui qui se respecte. L’analyse est permise, mais je refuse qu’une personne soit le cheval de Troie, la 5e colonne ou qu’elle soit au service d’institutions étrangères », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, la loi sur l’Information révisée sera adoptée, « au plus tard dans un mois », a révélé le chef de l’Etat.

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