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Société

Les journalistes d’Annaba interpellent le wali sur le cas de la famille de leur confrère décédé, Mohammed Fadla

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Notre confrère, Mohammed Fadla, du quotidien régional Le Provincial est décédé mercredi 25 novembre 2020, après un long combat contre le cancer. Il avait passé les derniers mois de sa vie à lutter non seulement contre la maladie mais aussi contre la bureaucratie de l’administration algérienne et plus particulièrement celle de l’OPGI Annaba. Le défunt journaliste était titulaire d’une décision d’attribution de logement social, signée par l’ex wali d’Annaba. Une fois ce dernier muté à la tête d’une autre wilaya, notre confrère s’est vu perdre ses droits. L’OPGI d’Annaba lui avait signifié qu’il devait se procurer une nouvelle décision d’octroi signé par le nouveau chef des lieux. Occupé à tenter de sauver sa vie en combattant le cancer, le regretté journaliste n’a pas trouvé le temps de régler ce problème pour laisser un domicile à ses trois enfants. En solidarité avec notre défunt confrère, 57 de la soixante-dizaine de journalistes et correspondants de presse d’Annaba, ont adressé une pétition au premier responsable de cette wilaya afin de l’interpeller.

« Monsieur le wali,

Nous collectif des journalistes signataires de la présente pétition, venons solliciter votre haute bienveillance afin d’accorder un logement à notre feu confrère, Mohamed Fadla, connu sous le pseudo de Hamdi Mostefa, décédé le 25 novembre 2020, après un long combat contre le cancer.

Monsieur le wali, nous estimons qu’il est inconvenable d’exploiter la disparition d’une personne et les souffrances d’une famille suite à la perte d’un être cher. Nous sommes également conscients qu’aucun objet matériel, peu importe sa valeur pécuniaire, ne saurait consoler la douleur provoquée par le décès d’une personne chère à nos cœurs. Mais, nous estimons surtout, monsieur le wali, qu’il est de notre devoir de veiller, en tant que corporation, à ce qu’un confrère, qui a toujours été à la hauteur de son devoir d’informer, mais aussi d’accompagner les différents corps constitués et administrations, ainsi que les nombreuses composantes de la société civile locale dans leurs missions, tout au long de ses douze années de carrière dans ce noble et pénible métier, obtienne ses droits, et ce, même à titre posthume.

Le 2 mai 2018, votre prédécesseur s’est engagé à attribuer un logement à notre collègue du quotidien Le Provincial. Une attribution qui n’avait rien d’une faveur ou d’un passe-droit. La condition sociale de notre confrère n’était, monsieur le wali, un secret pour personne. Il ouvrait, naturellement le droit, en tant que citoyen algérien, à l’octroi d’un logement public locatif, puisqu’il remplissait tous les critères requis par la règlementation en vigueur.

L’obtention d’un logement décent était, monsieur le wali, le dernier souhait d’un homme affaibli par des années de lutte contre une pénible maladie, et ce, non pas pour y vivre, ou même d’y mourir dignement, mais pour pouvoir partir en paix, en sachant que ses trois enfants auront un toit au-dessus de la tête. Pour accomplir son devoir de père, qui protège ses enfants du besoin ; afin de ne pas laisser sa progéniture à la merci des autres, fussent-ils de sa propre famille.

Nous, journalistes signataires de cette pétition, regrettons et dénonçons avec vigueur, l’annulation de l’attribution d’un logement social à notre confrère, titulaire d’une décision du wali d’Annaba, sous prétexte que le commis de l’Etat en question ait été muté à la tête d’une autre wilaya. Les institutions de l’Etat et les décisions prises par ses hauts cadres sont censées rester valables même après la mutation, le départ à la retraite ou le limogeage des signataires desdites décisions.

De son vivant, notre confrère, paix à son âme, était trop digne pour solliciter l’aide de qui que ce soit. Aujourd’hui, nous faisons appel, monsieur le wali, à votre bienveillance, votre humanisme et votre sens aigu du devoir et des responsabilités afin d’honorer la promesse que vos prédécesseurs n’ont pu ou su tenir, en accordant à notre confrère (et surtout à sa famille) l’un de ses droits : le droit au logement. »

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