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Les hôpitaux asphyxiés par le variant « Delta », l’État se met en quarantaine !

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© DR | Les malades atteints du Covid 19 souffrent du manque d'oxygène
© DR | Les malades atteints du Covid 19 souffrent du manque d'oxygène

Les cas de contamination par la Covid 19 augmentent drastiquement ces derniers jours. La quasi-totalité des hôpitaux du pays sont soit saturés, ou soit en manque d’oxygène. Face à « une démission des autorités », les citoyens s’organisent comme ils peuvent même si parfois, ils ne peuvent que compter les morts à cause du manque de moyens.

La nouvelle vague qui touche principalement les wilayas du centre du pays, fait des ravages. Selon les chiffres que nous avons obtenu auprès des établissements hospitaliers de la wilaya de Tizi Ouzou. Plus de 40 personnes ont perdu la vie à cause du coronavirus, hier 28 juillet. Selon nos sources, 8 décès à l’hôpital Ain El Hammam, 15 à Larbaa Nath Irathen, 12 à Boghni, 3 à Azeffoune et 9 à l’EHS de Draa Ben Khedda sans compter le CHU Nedir Mohamed et l’EPH d’Azazga.

Selon plusieurs sources recoupées, la majorité des malades sont décédés à cause des difficultés respiratoires causées par le coronavirus. Selon une source proche auprès de la commission de suivi mise en place à la wilaya de Tizi Ouzou, « le nombre de malade a explosé dès qu’il y’a eu une rupture d’oxygène dans les hôpitaux » assure notre source qui se plaint de la situation. « Si les autorités ou l’armée ne réagissent pas face au manque d’oxygène, nous allons compter le nombre de morts en centaines pas en dizaines dans les prochaines heures ».

ils ont doté l’hôpital d’un générateur d’oxygène

Les citoyens de la région basés dans le pays et à l’étranger ont créé des cellules de crise afin de tenter de faire face à cette situation en mettant en place des générateurs d’oxygène dans quelques hôpitaux ainsi que l’achat des respirateurs et les bouteilles d’oxygène. Des bienfaiteurs ont financé l’achat de plusieurs générateurs d’oxygène après l’initiative lancée par les citoyens de la région d’Akbou dans la wilaya de Béjaia. Ces derniers ont doté l’hôpital d’un générateur d’oxygène, lui permettant ainsi de devenir autonome de l’approvisionnement.

Les initiatives comme celles-ci ont vu le jours dans quasiment toutes les régions du pays et des hommes d’affaires mettent les moyens à disposition des cellules de crises et des associations, mais le problème de la disponibilité de ces générateurs s’est vite posé, poussant ainsi certains donateurs à lancer des opérations d’importation de ces équipements qui peuvent soulager les patients présentant des difficultés respiratoires, ou bien en réanimation.

« Situation ingérable ».

En attendant l’importation de ces équipements, les hôpitaux et les patients continuent à souffrir à cause du manque de l’oxygène. Les deux principales sociétés de distribution d’oxygène dans le pays, à savoir Linde Gaz et Aurès Gaz sont saturées. « Aujourd’hui nos chauffeurs qui sont partis depuis deux jours avec 51 bouteilles vides sont revenus avec uniquement 15 bouteilles remplies, ce qui nous offre une autonomie de deux heures seulement » nous a confié un responsable d’un hôpital qui n’arrive plus à tenir face à cette « situation ingérable ».

La seule chance pour les patients, c’est de trouver des concentrateurs d’oxygène individuels. Il y’a quelques semaines, ces appareils à la portée de tout le monde se vendaient à moins de 100 000 dinars, mais dès l’apparition de la troisième vague, les prix de ces appareils ont été multipliés par 4 ou 5. Les autorités ont annoncé il y’a une semaine l’importation de plus de 1000 de ces appareils, mais dans le marché, la demande est tellement forte au point qu’il est impossible d’en trouver un.

L’autre danger qui doit être anticipé est celui de l’épuisement du personnel médical ainsi que leur contamination par la covid 19. Certains hôpitaux dans la wilaya de Tizi Ouzou ont fait appel au personnel mis à la retraite ces dernières années car sinon, ils ne pourront pas assurer le service de jour comme de nuit car plusieurs infirmiers et médecins sont contaminés et leurs structures sont saturées en majorité.

Pourquoi ne pas faire appel à l’expérience de l’armée nationale ?

Il y’a une semaine, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed a déclaré que « la production est suffisante pour prendre en charge des dizaines de milliers de malades », mais c’est son transport qui pose problème ! Sauf que depuis cette déclaration, ni son département et ni celui de Benbouzid n’ont annoncé des dispositions adéquates pour faire face à ce problème de transport qui emporte des centaines de vies quotidiennement.

Si le problème est réellement lié au transport uniquement, ou à la production, pourquoi ne pas faire appel à l’expérience de l’armée nationale qui pourra déployer ces moyens logistiques et ses ressources humaines pour soulager les hôpitaux et sauver des vies ? Les camions de transport d’oxygène sont des modelés homologués et il n’est pas possible de transporter ce produit dans une citerne normale, car, si elle ne répond pas aux normes de sécurité, elle devient un véritable engin explosif, raison pour laquelle aussi, le transport est soumis à une autorisation de la gendarmerie nationale.

En tous cas, les conséquences de cette vague sont dèja très inquiétantes et risquent de s’aggraver sérieusement s’il n’y aura pas de réaction dans les heures qui suivent. Le ministère de la santé qui détient la communication officielle continue à donner des chiffres qui ne reflètent pas du tout la réalité du terrain. Aujourd’hui, ils ont annoncé 28 décès et 1537 contaminations pour la journée d’hier dans tout le territoire national, or, que dans la wilaya de Tizi Ouzou, le nombre de décès dépasse 40 malades.

Plusieurs médecins rencontrés dans plusieurs hôpitaux se demandent pourquoi le ministère ne donne pas les chiffres collectés sur le terrain afin que les gens prennent connaissance de la gravité de la situation. Interrogé, le professeur Réda Djidjik, chef de service d’immunologie à l’hôpital de Beni Messous a déclaré il y’a quelques jours que les chiffres annoncés par le ministère doivent être multipliés par 20 ou 30 afin d’avoir les chiffres réels de cette maladie. « Il y’a actuellement 25 000 à 30 000 cas confirmés de Covid 19 par jour en Algérie ».

« Une aide psychologique d’urgence »

Le département de Benbouzid, dépassé par cette vague a pondu un communiqué ce soir annonçant « une aide psychologique d’urgence ». « Ainsi, l’effort déployé par le Ministère de la Santé en matière de prise en charge sanitaire des malades atteints de Covid-19 sera soutenu par un accompagnement psychologique le plus adéquat possible pour répondre à la souffrance de nos populations dans cette période difficile » conclut le communiqué qui ne souffle aucun mot sur le manque d’oxygène, alors que tout le monde attendait impatiemment la réaction des autorités.

En attendant le passage de cette vague, les professionnels de la santé rencontrés dans les hôpitaux recommandent aux citoyens de rester à la maison pour casser la chaine de transmission de ce nouveau variant « Delta », qui se transmet très rapidement.

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