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Campus

Les Étudiants cassent le mur de l’interdit et imposent leur marche

Yasmine Marouf-Araibi

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© DR |Bouzid ICHALALENE, interlignes

Quelques dizaines d’étudiants ont réussi à imposer leur marche aujourd’hui 23 février à Alger. Un important dispositif policier a encerclé les étudiants à la place Port Said, avant qu’ils se lancent dans une course poursuite.

Les étudiants engagés se sont donnés rendez-vous ce mardi devant la Faculté centrale où devait démarrer leur marche. Sur place, un impressionnant dispositif policier a été dressé pour les empêcher de lancer leur protestation. Pour éviter la confrontation, les jeunes manifestants ont décidé de changer d’endroit. Ils se dirigent vers la place des martyrs, lieu de début de manifestation habituel.

Mais sur le chemin, ils se rendent compte que les policiers en civil et en tenue étaient sur leur traces. “Qu’elle est belle cette nouvelle Algérie, nous sommes escortés!”, lance un étudiants avec ironie. En civil et en tenus, les agents de l’ordre tentent de maintenir les étudiants sur les trottoirs. à cause du calme précaire qui règne, on entend même les messages lancés par la hiérarchie des flics : “Ne les tapez pas, gérez avec intelligence”.

De retour à la place Port Said, les étudiants commencent à manifester malgré les policiers qui les empêchent de progresser. Soudain, un bus est stationné devant eux. Alors que tout le monde attendait que les étudiants soient interpellés et jetés dans le bus pour les déplacer, ces derniers réussissent à trouver une brèche au milieu du cordon et se lancent dans une course poursuite avec les policiers essoufflés derrière.

Une fois à la place de l’Emir Abdelkader, les étudiants réussissent à se regrouper. Désormais, les slogans de plusieurs dizaines d’étudiants retentissent dans la rue d’Isly. “Djazair Houra Démocratia (Algérie libre et démocratique)”, ” Tebboune Mzeouar (Tebboune illigitime)”, ou encore “Dawla Madania Machi Askaria (Etat civil et pas militaire)”.

“Hier, ne nous sommes pas sortis pour célébrer mais pour que vous partiez. Le vendredi prochain nous serons dans les rues auprès des autres algériens”, nous déclare un étudiant.

Arrivés devant la grande poste, des dizaines de policiers leurs ferment l’accès à la rue Pasteur qui mène vers le tunnel des facultés. Ici, quelques échauffourées s’éclatent entre quelques étudiants bousculés par un policier qui donnait des coups de pied à une étudiante.

Au même moment, des citoyens qui tentent de rejoindre la manifestation sont encerclés à la rue Pasteur. Ils ont été violemment réprimés avant d’être embarqués dans les fourgons cellulaire. “Ils étaient d’une Rare violence” témoigne Mehdi Alioui, un confrère de 24H Algérie.

“Malgré la répression, malgré tout on continue à croire en notre combat jusqu’à la libération de notre pays. On a arrêté les marches pendant la pandémie, c’est le moment de revenir et de continuer la lutte”, nous déclare Abdennour, figure du mouvement estudiantin.

Pendant ce temps, les cordons policiers ont réussi à contenir la foule, puis rediriger les étudiants vers la gare Tafourah. Sur place, ils ont chanté l’hymne national, puis ils se sont dispersés dans le calme tout en se donnant rendez-vous pour le vendredi prochain.






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