Les Algériens rétorquent à Gaid Salah: « Non, le peuple ne veut pas d’élection avec les bandes ».

Des milliers de manifestants ont envahi les rues de la capitale pour le compte de l'acte 29 du Hirak

© INTERLIGNES MEDIA | Des milliers de manifestants ont envahi les rues de la capitale pour le compte de l'acte 29 du Hirak

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Une marée humaine a investi les rues de la capitale pour le compte du 29e vendredi de mobilisation consécutif. Dans les autres wilayas, la mobilisation reste intacte.  Les foules très denses ont scandé au long de toute l’après midi des slogans contre le chef de l’état major, Ahmed Gaid Salah qui a « suggéré » la convocation du corps électoral pour le 15 du mois en cours.

 

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« Makache Intikhabat m3a El Issabat (pas d’élections avec la bande) », « Dawla Madania machi askaria (état civil et non pas militaire) » et « le 15 septembre, il y’aura une journée de désobéissance civile » ont scandé les die-zaines de milliers qui ont battu le pavé dans les rues de la capitale qui étaient pleines à craquer. Il faut souligner que la mobilisation pour cet acte 29 est la plus importante depuis la marche du 5 juillet passé.

Les manifestants n’ont pas attendu comme d’habitude la fin de la prière du vendredi pour commencer la manifestation. Dès 10H du matin, des centaines d’entre eux ont commencé à marcher et à scander des slogans contre la convocation du corps électoral souhaité par Gaid Salah. Il est important de signaler que le dispositif policier déployé gagne de plus en plus les espaces publics. Les camions des policiers ont été déployé aujourd’hui même aux arrêts de bus de la place Maurice Audin.

réponse claire pour le chef de l’Etat Major

À 14H, un ras de marée humain s’est dirigée depuis la rue Didouche Mourad vers la grande poste, lieu de rencontre de tous les manifestants. Amine Arbaoui, militant qui n’a jamais raté une manifestation depuis le 22 février dernier estime que « c’est la meilleure manifestation depuis le début du Hirak », en précisant que « cette dernière est une réponse claire pour le chef de l’Etat Major, Ahmed Gaid Salah qui veut imposer son calendrier au détriment de la volonté du peuple » conclut le manifestant qui s’est précipité à rejoindre ses amis pour scander avec eux.

L'avocat et militant des droits de l'homme Mustapha Bouchachi aux coté de l'homme politique, Karim Tabou
© INTERLIGNES MEDIA | L’avocat et militant des droits de l’homme Mustapha Bouchachi aux coté de l’homme politique, Karim Tabou

Plusieurs personnalités et hommes politiques ont pris part à cette manifestation. L’avocat et militant des droits de l’homme Mustapha Bouchachi et Karim Tabou ont marché ensemble aux cotés de plusieurs militants politiques connus. Selon eux, « il est temps de s’unir, car c’est ça qui va constituer la force du Hirak et peser en face de l’institution militaire » nous a confié un militant qui a marché dans le même carré.

détenus d’opinions

Les détenus d’opinions n’ont pas été oubliés par les manifestants. Au contraire, le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), a exposé des photos de la majorité des détenus d’opinion, notamment, ceux emprisonnés pour le port de drapeau Amazigh. « Libérez nos enfants et emprisonnez ceux de Gaid Salah », « Telgou wladna ya el Hagarine (relâchez nos enfants, bade de dictateurs) ». Un membre du comité a encore une fois dénoncé « l’arrestation arbitraire des détenus. Personne ne pourra nous interdire de porter le drapeau Amazigh. C’est un abus de pouvoir de la part de l’institution militaire » dénonce-t-il.

Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) expose les portrait des détenus arrêtés
© INTERLIGNES MEDIA | Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) expose les portrait des détenus arrêtés

Les manifestants rejettent ainsi la convocation du corps électoral . qui donnera sur l’organisation d’une élection présidentielle, et demande de mettre en place un processus politique « sérieux » qui mènera vers une période de transition qui permettra l’instauration d’un état de droit.

Même ambiance dans les autres wilayas du pays. On dirait que le forcing de Gaid Salah a motivé des centaines de milliers d’Algériens à investir la rue, pour dire encore une fois que « le peuple est source de tous pouvoirs, et c’est lui seul, qui déciderade son avenir, et non pas la bande ».

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