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Politique

L’ENIEM et Condor en difficulté : Les premiers prémices d’une gestion économique hasardeuse

Melissa NAIT ALI

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© DR | ENIEM Tizi Ouzou : l'entreprise risque de voir ses portes se refermer définitivement

La crise économique est là, elle est déjà perceptible chez les entreprises. Deux sociétés qui avaient pignon sur rue, il y a seulement quelques mois, risquent de mettre les clés sous le paillasson. Il s’agit de la société publique de l’électroménager (ENIEM de Tizi Ouzou) et du groupe privé Condor, dont le propriétaire est en prison depuis plusieurs mois.

En bute à des problèmes financiers, les deux entreprises ont dû mettre des salariés en chômage technique. Et ce sont des milliers d’emplois, directs et indirects, qui pourraient être perdus bientôt. Des chômeurs de plus.

En effet, pas moins de 40 % des salariés de l’entreprise « Condor Electronics » appartenant au groupe privé Benhamdai seront réduits au chômage technique «prochainement», selon l’agence APS qui cite l’administration de cette société, implantée dans la zone industrielle de Bordj Bou Arréridj.

La mesure, selon le site du quotidien El-Khabar, devrait concerner près de 2000 employés de différentes unités de l’entreprise, comme celle dédiée au montage de téléphones mobiles et d’articles électroménagers. Coup dur pour les employés de ce groupe, dont 2400 avaient déjà été contraints de résilier leurs contrats avec la société.

« Cette décision est imposée par les problèmes liés à l’approvisionnement en matière première et les retards de délivrance des licences d’importation », souligne l’administration de l’entreprise, filiale du Groupe Benhamadi.

Le groupe engage des négociations avec les représentants des 6500 employés sur les mécanismes d’application de la mise en chômage technique, conformément aux lois dictées par le code du travail.

Pour les mêmes raisons, l’entreprise publique ENIEM a également engagé la même procédure quelques mois seulement après l’annonce, par les autorités, d’une solution à la crise que traverse cette entreprise.

Inconséquences de l’arrêt des importations

Cette dernière, rappelons-le, fait face depuis l’été dernier à des contraintes financières et d’approvisionnement en matière première. Elle est désormais contrainte d’aller vers un arrêt technique de ses activités à compter du 22 février prochain.

« Toutes les démarches effectuées par l’entreprise auprès de la Banque extérieure d’Algérie (BEA) et de la tutelle pour débloquer la situation financière de l’entreprise afin d’assurer les approvisionnements nécessaires à l’activité production, demeurent à ce jour sans suite, et ce, malgré le plan de charge ambitieux présenté par l’entreprise », explique les responsable de l’ENIEM.

Ce sont les premières conséquences de la décision du gouvernement de suspendre les importations des kits SKD-CKD. D’autres entreprises vont connaitre, ou connaissent déjà la même situation. Il s’agit notamment de celle activant dans le montage automobile et dans les travaux publics, à l’image de l’ETRHB Haddad, dont les salariés attendent d’être payés depuis des mois.

C’est dire que la situation est très grave. Des milliers de personnes pourraient rejoindre les contingents des chômeurs existant et des entreprises ayant déjà une place sur le marché risquent de disparaitre à jamais. Le gouvernement Tebboune est-il prêt à les sacrifier ? Assisterons-nous à un remake du scénario du groupe Khalifa, dont la liquidation s’est soldée par des pertes en emploi considérables, occasionnant également des pertes financières aux clients ?

Visiblement, on s’achemine vers la même situation, d’autant plus que le président Tebboune ne veut pas, selon ses dernières déclarations, d’une industrie du montage qualifiée de « transfert déguisé de la devise à l’étranger ».

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