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Politique

Le SNJ sur la condamnation de Khaled Drareni: “l’espoir vire au cauchemar”

Yasmine Marouf-Araibi

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Le syndicat national des journalistes (SNJ) a réagi, lundi, à la condamnation du journaliste Khaled Drareni à trois ans de prison ferme et 50.000 DA. “L’espoir vire donc au cauchemar”, a regretté le SNJ via un communiqué signé par son secrétaire général, Kamel Amarni.

“Notre confrère Khaled Drareni, journaliste au site électronique «Casbah Tribune», a finalement été condamné, aujourd’hui, lundi 10 Aout 2020, à 3 ans de prison ferme et à 50.000 Da d’amende, à l’issue d’un procès qui a eu lieu au tribunal de Sidi M’Hamed à Alger. L’espoir vire donc au cauchemar”, regrette le SNJ.

“Le Syndicat national des journalistes, à l’instar de l’ensemble de la corporation, de la classe politique, d’acteurs de la société civile, de l’opinion publique en général, entretenait en effet cet espoir de voir notre confrère libre, après cinq longs mois de détention”, poursuit-il.

Un espoir que justifiait de précédents verdicts prononcés à l’encontre de Samir Benlarbi, et Slimane Hamitouche , poursuivis dans la même affaire que Drareni pour, officiellement, «atteinte à l’unité nationale» et «incitation à attroupement non_ armé». Les deux premiers cités avaient ainsi bénéficié, avant même le procès de ce lundi, d’une remise en liberté provisoire et condamnés, désormais, à 2 ans de prison, dont 4 mois fermes et déjà purgés”, explique le syndicat.

Le SNJ pointe la différence dans le traitement entre les trois prévenus. “Pourquoi notre confrère a été différemment traité dans cette affaire et se voit, lui, infliger une peine d’emprisonnement ferme, et particulièrement lourde ? Parce qu’il s’agit d’un journaliste ?”, s’interroge-il.

“Les faits sont là, en tout cas, têtus, et qui confortent cette effrayante hypothèse. A travers cette affaire, le pouvoir vient d’inverser lui-même les éléments de sa propre thèse consistant à plaider pour un traitement équitable, et une application indistinctement de toute autre considération, de la loi sur tous”, estime le syndicat.

“En extraire exceptionnellement un citoyen, parce que, en l’espèce, il s’agit d’un journaliste, est un précédant grave, condamnable et qui n’augure rien de bon quant aux intentions réelles du pouvoir par rapport à la liberté d’expression et de la presse en particulier”, poursuit-il.

“L’Algérie, pionnière en matière de la libre expression et de la presse dans la région depuis trois décennies, ne peut se permettre de renoncer à ces acquis si chèrement arrachés par des générations de journalistes et de militants, au prix d’énormes sacrifices et des années de lutte contre l’arbitraire, l’obscurantisme, l’autoritarisme et le terrorisme. Et c’est spontanément que nous réclamons la mise en liberté de notre confrère Khaled Drareni”, conclut le communiqué.

Le journaliste Khaled Drareni, arrêté le 07 mars dernier et placé sous mandat de dépôt le 29 mars, a été condamné, lundi, par le tribunal de Sidi M’hamed, à trois ans de prison ferme et 50.000 DA d’amende.

Ses co-accusés, arrêtés le même jour que lui et poursuivis pour les mêmes accusations à savoir : “atteinte à l’unité nationale” et “incitation à un attroupement non armée”, ont été condamnés à deux ans de prison dont quatre mois ferme. Sous mandat de dépôt depuis le 10 mars dernier et remis en liberté le 02 juillet, Samir Belarbi et Slimane Hamitouche ont déjà purgé la peine prononcée contre eux, il ne retourneront donc pas en prison .


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