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Politique

Le ministère de l’Intérieur l’avertit : le pouvoir s’en prend ouvertement au RCD

Melissa NAIT ALI

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©DR | Siège de l'RCD à Alger centre
© DR | Siège de l'RCD à Alger centre

Le RCD dérange les tenants du pouvoir. N’ayant pas réussi à le déstabiliser avec de nombreuses manœuvres, il passe carrément à la menace.

Dans un courrier envoyé, aujourd’hui à la direction du parti, le ministère de l’intérieur le somme de mettre un terme à « ce qu’il appelle les violations commises » et « d’adapter ses activités avec les dispositions de la Constitution, de la loi sur les partis politiques et de celles relatives aux réunions et manifestations publiques ».


« Au risque de prendre les mesures prévus dans la loi », menace le ministère dans cet avertissement signé par le secrétaire général du ministère de l’Intérieur. Un précédent grave ! C’est la première fois, depuis l’avènement, du multipartisme que les autorités menacent directement de dissolution un parti politique légal qui exerce ses activités dans la légalité, sans prôner la violence.

Qu’est-ce qui dérange le pouvoir ? Quelles sont ces activités contraires à la loi ? Les griefs du ministère de l’intérieur sont tirés par les cheveux. Il accuse le parti d’avoir permis l’expression à « une organisation non agréée pour faire des déclarations infondées lors d’une réunion autorisée du parti ». Mais sans citer cette organisation.

Le pouvoir qui a interdit toutes les réunions des forces du pacte démocratique (PAD) est aussi dérangé par le fait que le RCD, partie prenante de cette coalition partisane, accueille ses réunions et ses sommets. Mais toujours sans citer la PAD, qualifié dans le document du ministère, « d’organisation non agréée », alors qu’il s’agit de coalition de partis et d’organisations légales.

Le ministère de l’intérieur revient aussi sur l’histoire de jeunes du Hirak qui passaient leurs nuits au siège régional d’Alger du RCD. Pour le pouvoir, « il s’agit de volonté de mobiliser en vue de porter atteinte à l’ordre public », allusion faites aux marches du Hirak portant « béni ». Tous les arguments sont bons pour les tenants du pouvoir qui affirme aussi que « des élus locaux du RCD ont incité à la fermeture d’institutions publiques, sans que la direction du parti n’intervient pour les rappeler à l’ordre ».

Le ministère de l’intérieur accuse aussi le RCD d’avoir appelé à « des rassemblements et des actions non autorisée en violation des mesures de prévention contre la propagation du coronavirus ». Cette correspondance confirme, en tout cas, l’acharnement contre le RCD en raison de ses positions vis-à-vis du système et du régime en place.

Car le même ministère de l’Intérieur n’a pas branché, lorsqu’une responsable d’un parti sème les germes de la haine et de la division dans le pays. Il n’a pas bougé aussi le petit doigt lorsqu’un camp d’été a été organisé, en août dernier, sous la haute surveillance des services de sécurité sous le slogan « de zéro Kabyle ».

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