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Politique

Le journaliste Said Boudour placé en garde à vue : qui est derrière son harcèlement ?

Yasmine Marouf-Araibi

Publié

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Le journaliste Said Boudour

Le journaliste Said Boudour, arrêté hier 23 avril lors de la manifestation du 114e vendredi du mouvement populaire à Oran, a été placé en garde à vue au commissariat central de police, avons-nous appris auprès de l’avocat maitre Farid Khemesti.

“D’après les premières informations que nous avons, le journaliste a été maintenu en garde à vue au commissariat central de police avec deux autres manifestants”, nous a indiqué Me Farid Khemesti.

D’après l’avocat, les trois concernés devront être présentés dimanche devant le procureur de la république près le tribunal de Fellaoucen (cité Djamel). “Nous avons eu connaissance que trois personnes sont maintenues en garde à vue au total, mais le nombre peut être supérieur”, a précisé la même source. Les deux autres manifestants qui sont maintenus en garde à vue avec Said Boudour sont Yasser Rouibah et Karim Ilyas a rapporté le Comité National pour Libération des Détenus (CNLD).

Lors de la marche hebdomadaire du Hirak d’hier, la police a usé de la force pour l’empêcher. À la place d’armes, lieu habituel du début de la manifestation encerclé par la police, les manifestants ont alors décidé d’improviser un sit-in et de rompre le jeûne sur place. C’est à ce moment là que les policiers ont commencé à procéder à des arrestations musclées pour les disperser.

Harcèlement des journalistes

Le journaliste Said Boudour était sur les lieux afin d’assurer la couverture médiatique de l’événement, chose que tout le monde constaté sur ses comptes de réseaux sociaux. Said Boudour subi un harcèlement policier et judiciaire à Oran pour ses positions concernant “la situation alarmante des droits de l’Homme dans les prisonsnous a-t-il déclaré lors de sa sortie de prison.

Ainsi, c’est le deuxième journaliste en une semaine à être privé de sa liberté après le placement de journaliste Rabah Karêche sous mandat de dépôt à Tamanrasset, suite à des articles de presse. Les journalistes sont ainsi harcelés et sont empêchés de faire leur travail, au moment, où le pays a le plus besoin de cette presse libre.

C’est aussi le cas du lanceur d’alerte Nordine Tounsi qui a été condamné cette semaine à un an de prison ferme. Ses avocats lors des plaidoiries ont prouvé clairement que son dossier est vide, mais la décision des magistrats a surpris tout le monde.

Lors de son procès, Nordine Tounsi, derrière les révélations sur l’affaire des 700 KG de cocaïne, suite à laquelle plusieurs hauts responsables ont été mis en prison comme l’ancien DGSN, Abdelghani Hamel. Tounsi a déclaré qu’il est “visé et menacé de mort parce qu’il a combattu une bande criminelle qui voulait piller les richesses du pays, comme l’ancien homme d’affaire, aussi en détention, Ali Haddad”.

La sureté de wilaya d’Oran use sans hésiter de la violence face à des manifestants pacifiques. Selon l’avocat Farid Khemisti, “une cinquantaine de plaintes ont été déposé contre la police depuis le début du Hirak à Oran, et jusqu’au-bout, aucune n’a vu le jour”. Qui veut allumer la mêche à la capitale de l’ouest ?








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