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Politique

Le Hirak souffle sa deuxième bougie à Kherrata

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Après près d’une année d’absence en raison de la pandémie de coronavirus, Kherrata, berceau du mouvement populaire, a de nouveau été ébranlée ce mardi par les pas des protestataires qui ont brandi encore une fois leurs revendications. Deux ans, jour pour jour, après la tenue de la toute première marche de protestation sur son sol, la ville historique a ouvert ses portes à des milliers de citoyens venus commémorer le deuxième anniversaire de leur soulèvement.

C’est là, le 16 février 2019, que la première marche imposante du hirak s’est tenue pour réclamer le départ d’Abdelaziz Bouteflika qui briguait un cinquième mandat. Depuis, le mouvement s’est poursuivi pendant plus d’une année même après l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune à la tête du pays et jusqu’à l’apparition du covid-19 en mars dernier.

Depuis que la trêve sanitaire suspendant indéfiniment le mouvement de protestation a été proclamée, et à l’exception de quelques tentatives avortées, c’est la première fois que les citoyens se réunissent par milliers pour réitérer leurs revendications populaires. Le nombre reste toutefois inférieure à celui observé lors du premier anniversaire.

Venus ce matin de plusieurs wilayas du pays, les citoyens remplissaient les rues de Kherrata, wilaya de Béjaia, dès les premières heures du matin. Ils se sont réunis à la place de la Liberté où une stèle commémorative a été érigée l’an dernier, en marge du première anniversaire du Hirak.

Respectant l’itinéraire habituel, le cortège humain s’est ébranlé dès 9h vers le centre de Kherrata. Sur leur chemin, les contestataires ont réitéré leurs exigences, usant des mêmes slogans à savoir “Etat Civil non militaire”, “Algérie libre démocratique” ou encore “le peuple s’est libéré bande de traitres!”.



Parmi les milliers de citoyens, certaines figures ayant marqué le mouvement populaire se font reconnaitre. Avocats, militants et même des anciens détenus qui, récemment libérés, croupissaient dans les prison algérienne lors du précédent anniversaire. A l’image de Karim Tabbou.

“Les objectifs pour lesquels le peuple algérien est sorti en février 2019 ne sont pas encore réalisés. Nous sommes revenus à la case du départ. Crise économique, politique et sociale. Le système n’a pas changé. Il a changé les façades mais c’est les mêmes pratiques”, a regretté le président de l’association Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), Abdelouahab Fersaoui, libéré en mai dernier après plusieurs mois en détention.

Libérez les détenus

Poussés par l’accentuation des harcèlements judiciaires contre les militants durant la période de confinement à rompre la trêve sanitaire, les protestataires n’ont pas manqué à réclamer la libération de tous les détenus d’opinion. Khaled Drareni, Rachid Nekkaz, retentissaient parmi les dizaines de noms scandés par les présents.

Le système est “entrain d’emprisonner des innocents, il refuse d’entendre raison. Donc le peuple n’a pas autre choix que de continuer le combat et sauver son pays”, a déclaré le président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, Mohcine Belabbes.

Ainsi, pendant près de quatre heures de marche, les citoyens ont réitéré leurs revendications étouffées par plusieurs mois de confinement. Désormais sortis de leur quarantaine, les protestataires ont promis de respecter l’ordre chronologique de l’histoire et tenir la prochaine marche à Alger, “Le 22 fel Assima” (le 22 à la capitale), ont-ils scandé.




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