Le FLN annonce sa candidature : toujours pas de « lettre » de Bouteflika  

Le méga-meeting annoncé, il y a quelques jours, pour acter la candidature du président Bouteflika à sa propre succession a fait pschitt. Le rendez-vous qui a fait l’objet d’une intense communication s’est avéré, finalement, être une simple rencontre partisanes durant laquelle les responsables du front de libération nationale (FLN) déclarent, pour la énième fois, la candidature de « leur président » à un nouveau mandat.

En effet, rien de ce qui a été dit autour de ce meeting n’a eu lieu ou presque. Alors que l’opinion, dupée par les représentants des partis au pouvoir, s’attendait à l’annonce officielle et solennelle de la candidature du chef de l’Etat à un cinquième mandat, il n’a eu droit finalement qu’à un show du FLN.

Malgré la présence de l’ancien premier ministre, Abdelmalek Sellal, annoncé comme le directeur de campagne du président Bouteflika, la rencontre n’était qu’une simple activité partisane pour laquelle les responsables de l’ex-parti unique ont rameuté des foules de plusieurs régions du pays.

Le but voulu à travers cette démonstration est de s’approprier la candidature du président Bouteflika, qui a été pourtant présentée au nom de l’Alliance, le 2 février dernier. Pourtant, Abdelaziz Bouteflika a toujours préféré, même lorsqu’il était en bonne santé, se présenter à la présidentielle comme candidat indépendant.

Le FLN veut avoir enfin son propre candidat

De ce fait, l’annonce faite, aujourd’hui, par le coordinateur de l’instance dirigeante du FLN, Mouad Bouchareb, n’a rien d’officiel. Elle reste un simple vœu. D’ailleurs, le premier responsable de l’ex-parti unique n’a pas présenté le choix du FLN comme une option finale du pouvoir.

«En votre nom, et par de voir de gratitude, je suis honoré d’annoncer que le FLN présente comme candidat à la prochaine élection présidentielle le moudjahid Abdelaziz Bouteflika », affirme-t-il, sous les applaudissements de l’assistance, composée majoritairement de jeunes et d’enfants, ramenés de plusieurs régions de pays, en leur faisant croire qu’ils participeront à séminaire sur le cancer.

Certes, le président Bouteflika est aussi patron du FLN, depuis la création du poste du président du parti à l’occasion du dernier congrès, mais l’ex-parti unique joué en solo. C’est pourquoi, peut-être, qu’il n’a pas invité les chefs de l’Alliance ou leurs représentants. Ni Ahmed Ouyahia qui s’est déplacé à Addis-Abeba pour participer au sommet de l’UA, ni Amara Benyounes et Amar Ghoul n’ont pris part à cette rencontre.

A travers l’action d’aujourd’hui, le FLN, qui n’a pas présenté de candidat à la présidentielle depuis, au moins l’avènement du pluralisme politique, semble vouloir enfin avoir « son propre représentant » lors de la prochaine présidentielle…