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Politique

Le bras de fer entre les médias indépendants et la censure se poursuit…

Yasmine Marouf-Araibi

Publié

le

Bras de fer entre les médias indépendants et la censure

Intimidations, arrestations, incarcérations, censure et blocage ce sont les mesures prises par les autorités algériennes à l’encontre des journalistes et des médias algériens.  
Si ces restrictions ont toujours été imposées aux médias, surtout privés, elles ont toutefois été renforcées après le déclenchement du Hirak depuis le 22 février 2019. Depuis, les journalistes et médias indépendants se battent contre ces pratiques qui visent à les museler.

Démissions et licenciements

Entre tourner le dos au Hirak et quitter sa rédaction, plusieurs journalistes ont opté pour le deuxième choix. En effet depuis le début de la révolution populaire, plusieurs plumes et figures médiatiques ont objecté le silence de leurs rédactions face aux évènements historiques qui se produisent à travers tout le pays.

Si certains ont osé quitter leurs rédactions, d’autres ont fait face à des licenciements abusifs, pour avoir tout simplement exprimé leurs opinions qui vont à l’encontre de la feuille de route des autorités qui désormais dictent les contenus aux rédactions. A titre d’exemple la présentatrice du journal télévisé de la télévision nationale, Nadia Madassi, a démissionné de son poste de présentatrice suite aux pressions qu’elle subissait. Ses chefs hiérarchiques lui demandaient de lire des sujets dont-elle n’est pas d’accord, car les contenus étaient mensongers.

Intimidations, interpellations et incarcérations

Les journalistes qui continuent à couvrir les marches hebdomadaires sont souvent malmenés voir même arrêtés, la dernière interpellation à la une est celle du journaliste, Khaled Drareni, arrêté alors qu’il couvrait une manifestation samedi dernier à Alger centre. Sa garde à vue a été prolongée encore une fois, hier 09 mars, pour une troisième nuit pour « complément d’enquête ». Même si Drareni ne faisait qu’exercer son métier de journaliste, il est poursuivi “pour attroupement et incitation à attroupement non armeé” ont annoncé ses avocats.

Avant l’arrestation de Khaled Drareni, plusieurs journalistes ont été jetés en prison ou subissent des harcèlements pour avoir fait leur travail ou exprimé leurs positions politiques comme Said Boudour, Mustapha Boudjama, Adel Azeb et bien d’autres encore.

Certains se retrouvent jusqu’à ce jour en prison à l’image du correspondant de la chaîne libanaise Al Mayadeen, Sofiane Merakchi, maintenu en détention depuis septembre dernier.

Censure et blocage

Depuis plusieurs mois déjà, les images du Hirak sont quasi-absentes dans les chaines publiques et privées. Le peu de médias, dont la majorité sont électroniques, qui continuent à couvrir les marches hebdomadaires et suivre le déroulement des procès des détenus d’opinion rencontrent diverses entraves notamment la censure et le blocage de leurs sites. Plusieurs sites d’information, y compris le nôtre et TSA, ont été bloqués sur le territoire national.


Face à ses contraintes, la liberté de la presse est devenue une affaire de tous les algériens. Une partie de la corporation n’est pas la seule à réclamer la levée des restrictions imposées. Le peuple a fait de la liberté de la presse une de ses revendications principales. A chaque marche des pancarte et banderoles sont brandis en faveur du quatrième pouvoir, « presse libre et indépendante », « le journalisme n’est pas crime » entonne-on lors des marches populaires.

Hier, un communiqué appelant à la libération du journaliste Khaled Drareni a été diffusé sur divers médias indépendants. Le communiqué intitulé « non à la prise en otage du journaliste Khaled Drareni », a été signé par plus de deux-cents journalistes. Un sit-in en soutien à Drareni détenu en garda-à-vue se tient aujourd’hui pour le troisième jour consécutif au tribunal de Sidi M’hamed. Des efforts qui traduisent la résilience des médias indépendants face à la censure.

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