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Politique

Le 115e vendredi réprimé: Pourquoi la violence ?

Melissa NAIT ALI

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© B.Z. | Répression de la 115e marche du Hirak à Alger
© B.Z. | Répression de la 115e marche du Hirak à Alger

La marche de ce 115e vendredi du Hirak a été violemment réprimée par la police qui n’a pas hésité à matraquer et à arrêter les protestataires pacifiques. Pourtant, ils allaient se disperser en fin de journée.

Cette journée du mois de Ramadan a été marquée par la violence policière à la rue Didouche Mourad. Pourtant, les manifestants ont empreinté leur itinéraire habituel pour se disperser. Mais un cordon policier a été dressé sur le chemin leur interdisant ainsi avancer.

Bloqué devant le Fleuriste d’Audin, les centaines de manifestants ont essayé de discuter avec les agents de police qui ont refusé catégoriquement de leur céder le passage. Quelques minutes après, la police a décider de faire avancer leur cordon et serrer encore plus les manifestants qui voulaient passer par la rue Didouche Mourad pour rentrer chez eux.

A ce moment-là, les protestataire ont été matraqués et interpellés. Même les vieux et les enfants n’ont pas été épargnés. “Vous êtes pire que les colons ! Pourquoi vous faites ça” lança un manifestants qui a été interpellé quelques minutes plus tard.

« Nous avons fait le serment et nous ne reculeront pas ». Tel est le mot d’ordre des manifestants ayant pris part, aujourd’hui, à la 115e marche du Hirak, à Alger et dans de nombreuses villes du pays, dont Annaba, Constantine, Bejaia, Tizi Ouzou, Bouira.

Les détenus du Hirak

En effet, les hirakistes affirment qu’ils ne prêtent pas attention aux manœuvres du régime en place. « Le régime menace et le Hirak renforce son unité », peut-on lire sur une pancarte brandie par un manifestant à Alger, où de l’avis des observateurs ayant l’habitude d’assister aux marches, il y a un regain de la mobilisation.

Et cela dès le début de la marche, peu avant 14h00. Les manifestants, venant des différents quartiers, ont envahi les rues en entonnant les mêmes slogans exigeants « l’édification d’un Etat-civil et non pas militaire ». Affluant des différents quartiers de la capitale, ils ont convergé vers le centre-ville notamment la place de la Grande-poste, leur lieu de ralliement habituel.

Vers 15h00, Alger-centre était déjà noire du monde. Surtout après l’arrivée de la marée humaine venant de Bab El Oued. Les marcheurs dans ce quartier perpétuent la tradition. Cette manifestation draine, en effet, une foule immense qui se s’achemine vers Alger-Centre. Les manifestants n’ont pas oublié, à cette occasion, les détenus du Hirak.

« Libérez nos enfants pour qu’ils jeûnent avec nous », lancent les protestataires, en s’en prenant comme d’habitude « aux généraux » et au chef de l’Etat. Les manifestants ont aussi brandi des portraits de tous les détenus du Hirak, dont Mohamed Tadjidit, Lounes Hamzi, Soheib Debaghi, Malik Riahi, Tarek Debaghi et Khimoud Nourredine.

« la bande doit dégager »

Ils exigent ainsi leurs libérations. Outre la libération des détenus, les protestataires ont repris en chœur les slogans habituels du Hirak appelant à un « État civil et non pas militaire », tout en s’en prenant à l’actuel président et aux généraux. « Istiqlal (indépendance) », « Djazaïr Horra démocratia (pour une Algérie libre et démocratique) » et « Qulna El 3isaba Truh (nous avons dit que la bande doit dégager », lance encore la foule.

La foule a repris aussi les slogans habituels du mouvement populaire qui ont tant fait mal au tenants du régime: « Dawla madania machi askaria » (État civil et non militaire », libérez les détenus et « maranach habssin » (on ne s’arrêtera pas). Les manifestants expriment aussi leurs rejets des législatives anticipées en chambrant les habitués des urnes.

« Ebsem y a Bousba3, dir la chaîne ou bela3 », lancent les protestataires qui demandent « à ceux qui votent d’apposer leurs empreintes, tout en continuant à faire la queue pour un sachet du lait ».

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