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Politique

Le 10e sit-in de solidarité avec Khaled Drareni maintenu malgré l’interdiction d’accès

Meriem Nait Lounis

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Le 10e sit-in de solidarité avec le journaliste Khaled Drareni, condamné à deux ans de prison ferme, s’est tenu dans un climat inédit ce lundi. Pour la première fois depuis 10 semaines l’accès a été interdit aux journalistes. Seuls les détenteurs d’une carte de presse ont pu y accéder. Même les militants qui, de coutume, y accèdent avec leur carte d’identité se sont vus refuser l’accès.

Il est midi passé, les sympathisants du journaliste Khaled Drareni, condamné le 15 septembre à deux ans de prison ferme, commencent à affluer devant la maison de la presse. Devant l’entrée, les agents leur demandent la carte de presse, inhabituel ! Puisque le sit-in n’a jamais été réservé aux journalistes seulement.

Smail Lalmas, expert en économie et finances, venu participer au rassemblement, est debout devant la porte d’entrée de Taher Djaout. « Ils ne m’ont pas laissé entrer et il y a trop de policiers, ce n’est pas normal », s’est étonné l’expert.

De leur coté, les militants qui se sont, eux aussi, vus refuser l’accès s’étonnent du dispositif policier déployé sur les lieux. Les policiers opèrent même une arrestation.

« Ils ont pris Hind Tadjaout », déclare le journaliste Zoheir Aberkane avec un air nerveux. Hind est une activiste et un visage connu du Hirak. Elle a été relâchée peu de temps après la fin du rassemblement. Selon elle: « C’était juste une vérification de papiers ».

« C’est surement à cause de ce qui s’est passé la semaine dernière avec Hannachi (directeur d’El Hayat ndlr) », note l’un des protestataires.

En effet, lundi dernier, en essayant de provoquer la foule qui était venue exprimer sa solidarité avec Khaled, le directeur de média situé à la maison de la presse a subi une « humiliation ». Les présents avaient scandé des slogans offensifs à son encontre.

Il est presque 13H, les protestataires sont dispersés. Seulement un groupe de journalistes est autorisé à entrer à l’intérieur de la maison de la presse. Même si le rassemblement hebdomadaire a duré moins que d’habitude, les présents ont pu réitérer l’appel à la libération de Khaled Drareni et tous les détenus d’opinion en scandant « Khaled Drareni journaliste libre » ou encore « libérez la Justice, libérez la presse ».

« Khaled Drareni n’aurait jamais dû être arrêté (…) C’est l’intervention du Président Tebboune en ajoutant une accusation infondée qui est à l’origine de ce qui arrive à Drareni », déclare le journaliste El Kadi Ihcene qui était parmi les personnes autorisées à entrer.

Et d’ajouter : « Promis, on va rester fidèle et aux côtés de Khaled Drareni , Zeghileche, Benaoum et tous les détenus d’opinion ».

Pour rappel, le journaliste Khaled Drareni est incarcéré depuis mars dernier à la prison de Kolea. Il est accusé d’“atteinte à l’unité nationale” et d“incitation à attroupement non armé”. Il a été jugé en première instance en août dernier et a été condamné à 3 ans de prison ferme et 50,000 DA d’amende. Rejugé en appel, Khaled Drareni a été condamné à deux ans de prison.

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