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L’ambassadeur d’Algérie en France est convié: Macron commémore le 19 mars à l’Elysée  

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Emmanuel Macron organisera et présidera samedi, 19 mars, à l’Elysée, une cérémonie à l’occasion du 60e anniversaire des Accord d’Evian qui marquent le Cessez-le-feu en Algérie, sept ans après le déclenchement de la Guerre de libération nationale.

Selon la présidence de la République française, citée par l’AFP, cette cérémonie sera organisée  «avec un souci d’apaisement» des mémoires et de « main tendue » vers l’Algérie.

Prévue de 12h00 à 13h30, la cérémonie réunira des «témoins» de toutes les mémoires liées à «la guerre d’Algérie», d’après les termes utilisés, citant entre autres «appelés, combattants indépendantistes, harkis et rapatriés». L’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed-Antar Daoud, «a également été invité», a indiqué l’Élysée, sans toutefois préciser s’il avait répondu favorablement à l’invitation.

Expliquant l’objectif de cette commémoration, le Palais de l’Elysée s’est montré précis dans le choix des mots: «réconcilier» et «apaiser», a-t-on précisé, gardant ainsi la même terminologie ayant accompagné les précédents rendez-vous mémoriels du quinquennat d’Emmanuel Macron, s’agissant de l’histoire commune entre les deux pays. Le Président français a voulu, à travers une série de gestes mémoriels, «réconcilier la France et l’Algérie» ainsi que les «mémoires cloisonnées» en France, a rappelé l’Élysée.

«Réconcilier» et «apaiser»

Ce énième rendez-vous intervient au moment où les relations entre Alger et Paris connaissent un certain apaisement, après près des mois de froid et de crispation, à cause de propos d’Emmanuel Macron, pas appréciés par les autorités algériennes. L’Elysée précise que le Premier ministre Jean Castex «pourrait ainsi effectuer une visite à Alger les 23 et 24 mars». Une visite qui d’ailleurs était prévue en 2021, mais annulée sur fond de tensions entre les deux pays.

Alors que la question de la repentance est souvent remise sur la table, même à demi-mot, par des officiels algériens, Paris préfère les gestes qui ont une certaine signification.

Sur conseil de l’historien Benjamin Stora, le chef de l’Etat français a déjà reconnu la responsabilité de l’armée française dans la mort du mathématicien communiste Maurice Audin et celle de l’avocat nationaliste Ali Boumendjel durant la bataille d’Alger en 1967. Une stèle à la mémoire d l’Emir Abdelkader a été érigée à Amboise (France), en février dernier, sans oublier les crânes de résistants algériens du XIXe siècle restitués, en juillet 2020, à l’Algérie.

Des gestes, mais une crispation

En novembre 2021, le président de la république Abdelmadjid Tebboune, a rejeté l’invitation de son homologue français qui l’avait convié à prendre par à une conférence sur la Lybie. «Les conditions ne sont pas réunies pour la participation personnelle du Président », avait alors expliqué, le ministre des AE, Ramtane Lamara, qui a représenté l’Algérie. C’est dire que l’on est encore loin d’une lune de miel entre l’Algérie et la France.

A l’approche de l’élection présidentielle en France, prévue en avril prochain, Macron candidat à sa propre succession, ne fait pas marche arrière dans sa politique de ‘’rapprochement’’. Cependant, pas à n’importe quel prix. Prudent, le Président-candidat veut rester à l’abri d’attaques de l’extrême droite qui pourrait exploiter le moindre propos pour pointer d’éventuelles «concessions» à l’Algérie.

Prudence à l’approche de la présidentielle

«Commémorer n’est pas célébrer», a d’ailleurs souligné l’Élysée en prenant soin de ménager toutes les susceptibilités à un moins d’un mois du premier tour de la présidentielle, et surtout que la date du 19 mars 1962, «continue à faire polémique», fera remarquer le journal Le Monde. «Les rapatriés contestent la référence aux accords d’Evian – signés le 18 mars 1962 et qui aboutirent à la mise en œuvre du cessez-le-feu le lendemain – pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie (1954-1962) en raison des violences qui se poursuivirent jusqu’à l’indépendance de l’Algérie le 5 juillet 1962 et se conclurent par l’exode de centaines de milliers d’entre eux vers la France», rappelle le quotidien.

Et l’Elysée l’a relevé aussi, indiquant que «tous les événements liés à la guerre d’Algérie ne se sont pas terminés du jour au lendemain avec la signature des accords d’Evian», citant notamment «la fusillade de la rue d’Isly à Alger, dans laquelle des dizaines de partisans de l’Algérie française furent tués par l’armée le 26 mars 1962.

Reste à savoir si Mohamed-Antar Daoud aura le feu-vert des hautes autorités du pays, pour se déplacer à l’Elysée, samedi prochain. Une position qui permettra encore de mesurer «la température» de la relation Alger-Paris…

Avec AFP  

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