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Politique

La Libye, le Mali, le referendum du 1er novembre…: les points abordés par Jean-Yves Le Drian et Tebboune

Yasmine Marouf-Araibi

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Le ministre français des Affaires Étrangères, Jean-Yves Le Drian, a atterri jeudi à Alger pour une visite officielle de deux jours. Il a été reçu par le Président Abdelamdjid Tebboune et son homologue Sabri Boukadoum. Dans une première déclaration à la presse, Jean-Yves le Drian a indiqué que sa visite marque “la solidité des liens d’amitié” entre l’Algérie et la France, soulignant que “les deux pays ont besoin l’un de l’autre”.

Lors de sa rencontre avec Abdelmadjid Tebboune, le responsable français a évoqué plusieurs questions régionales et internationales d’intérêt commun, notamment la crise libyenne et la situation dans le Sahel. Les discussions ont également porté sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie et le référendum sur l’amendement constitutionnel prévu le 1er novembre prochain. Le plan contre le séparatisme d’Emmanuel Macron a également été abordé,
comme indiqué par l’invité lui-même qui estime que c’est une “préoccupation partagée” entre la France et l’Algérie. 

En effet, à l’issue d’une audience avec Abdelmadjid Tebboune, Jean-Yves Le Drian, a déclaré, après avoir rappelé qu’il s’agit de sa troisième visite en Algérie depuis janvier dernier, qu’il est venu à Alger “pour marquer la solidité des liens d’amitié entre nos deux pays”. “Pour la France, l’Algérie est un partenaire de premier plan en raison des liens humains multiples qui nous unissent par delà la Méditerranée”, a-t-il dit. 

Et d’ajouter : “notre relation est riche et multiple, notamment en matière d’échanges humains, éducatifs, scientifiques, la coopération économique et les enjeux sécuritaires ainsi que les questions régionales”.

Referendum sur l’amendement constitutionnel 

À exactement deux semaines du referendum sur l’amendement constitutionnel prévu le 1er novembre, Jean-Yves Le Drian l’a qualifié “d’une étape importante”, en indiquant que “la France souhaite succès et prospérité à ce pays ami dans le plein respect de sa souveraineté”.

“L’Algérie est à la veille d’une étape importante qui va amener le peuple algérien à se prononcer le 1er novembre sur le projet de révision de la Constitution”, a-t-il dit.

Pour le chef de la diplomatie française, le Président Tebboune a affiché “ses intentions de réformes des institutions pour renforcer la gouvernance, l’équilibre des pouvoirs et les libertés”.

“Il appartient aux Algériens et à eux seuls de traduire les aspirations qui se sont exprimées avec civisme et dignité en une vision politique avec des institutions aptes à la concrétiser”, a-t-il indiqué.

“Une voix qui compte en Afrique” 

Les questions régionales notamment la crise au Mali et en Libye étaient de mise lors de la conversation qui a réuni Le Drian avec Tebboune. Pour le responsable français l’Algérie a “une voix qui compte en Afrique” d’autant plus qu’elle est parmi les premiers concernés par les risques de ces crises. 

“Le rôle des pays voisins, en particulier l’Algérie, est essentiel, car ils sont les premiers concernés par les risques que fait poser cette crise et peuvent jouer un rôle stabilisateur auprès des acteurs libyens, à l’inverse des ingérences des puissances extérieures”, a-t-il indiqué sur la crise libyenne. 

Il a dit que “la France considère, comme l’Algérie, qu’il n’y a pas de solution militaire et soutient le dialogue politique entre toutes les parties libyennes sous l’égide des Nations unies”.

Pareil au Mali, où la France, “comme l’Algérie”, a “salué la mise en place d’une transition, laquelle doit conduire vers des élections ouvertes, libres et transparentes et au rétablissement de l’ordre constitutionnel”.

“Nous appelons, comme l’Algérie, à l’application de l’Accord de paix d’Alger”, a-t-il soutenu, réaffirmant que “l’Algérie a une voix qui compte en Afrique et en Méditerranée”.

“Un nouvel élan”

Jean-Yves le Drian a également évoqué le plan contre les séparatismes, qui a été présenté début octobre, par le Président français, Emmanuel Macron. Il a parlé des “propositions du président Macron pour faire face au séparatisme sur le territoire français”.

“Au cœur de la démarche du président de la République, il y a le refus de l’amalgame entre l’islam et l’idéologie de l’islamisme radical. Et je crois que c’est une préoccupation que nous partageons pleinement avec les autorités algériennes”, a-t-il relevé.

Pour Le Drian, il s’agit d’une “préoccupation partagée” entre la France et les autorités algériennes. 

Concernant les enjeux économiques, le ministre français a mis en avant la présence des entreprises françaises en Algérie qui “dynamisent l’économie” et “participent à la création de l’emploi”. 

“Elles sont très investies et contribuent au dynamisme de l’économie, à la création d’emploi. Le président Tebboune a annoncé des réformes afin de diversifier l’économie algérienne, d’assouplir les procédures et d’appuyer les entreprises innovantes. Nous saluons cette volonté. Notre dialogue est important afin que les entreprises françaises trouvent toute leur place dans le cadre de ces réformes et continuent de contribuer à la prospérité de l’Algérie”, a-t-il déclaré.

Sur le sujet de la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie, le chef de la diplomatie française s’est dit “heureux” de constater que les relations bilatérales connaissent un “nouvel élan”.

Il a fait observer, dans ce sens, que le président français Emmanuel Macron a montré par “des actes” forts son engagement quant à la “démarche de lucidité sur l’Histoire de la colonisation et de la Guerre d’Algérie”. Il cite comme exemple la nomination, par Emmanuel Macron, de l’historien Benjamin Stora pour travailler sur le dossier et “la remise récente à l’Algérie des restes mortuaires des combattants algériens conservés au Musée de l’Homme”.

“Un regard lucide et apaisé sur leur passé est indispensable”, a estimé Jean-Yves Le Drian. 

La visite de Jean-Yves Le Drian se poursuivra aussi ce vendredi 16 octobre.

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