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Politique

La garde à vue de Kenza Khattou est une violation du droit (Communiqué de Radio M)

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© Sami. K. | Arrestation de la journaliste Kenza Khato à Alger
© Sami. K. | Arrestation de la journaliste Kenza Khato à Alger

Le média en ligne Radio M a émis, ce samedi 15 mai, un communiqué suite à l’interpellation de sa journaliste Kenza Khatto le vendredi 14 mai. Arrêtée violemment alors qu’elle assurait la couverture du 117e vendredi du Hirak à Alger, la journaliste a été placée en garde à vue au commissariat central afin d’être présentée dimanche devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed. Kenza Khatto “n’est pas une criminelle et n’a rien à faire dans un commissariat de police durant 48 heures. Libérez la”, a appelé Radio M à travers un communiqué dont voici le texte intégral.


La journaliste Kenza Khattou, de la rubrique politique de Radio M a été brutalement interpellée par les forces de police ce vendredi 14 mai à 13 h 30 à Alger centre alors qu’elle assurait, comme chaque semaine, la couverture des marches populaires du Hirak.

Quinze autres journalistes et photographes dont Lynda Abbou de Radio M, Khaled Drareni présentateur du CPP de RadioM et Sidahmed Belouchrani , photographe de ( Radio M et Maghreb Emergent ), ont été interpellés à plusieurs reprises durant cette journée pour finalement être retenus plusieurs heures et libérés pour les derniers, aux abords du couvre feu.

Kenza Khattou a subi d’un traitement spécial. Elle a été transférée dans une voiture banalisée et gardée au secret toute la journée. Le procureur de la république a jugé nécessaire de la maintenir en garde à vue, en perspective de sa présentation au parquet ce dimanche 16 mai.

Rien ne peut justifier cette grave décision. Kenza Khattou a été arrêtée dans l’exercice de sa mission de journaliste. Elle a été victime de brutalités au moment de son interpellation à proximité de la station de métro Tafourah sur le parcours habituel des marches du vendredi.

Comment expliquer cet acharnement sur cette journaliste en particulier si ce n’est pour justifier à posteriori, le traitement dégradant qu’elle a du subir au moment de son interpellation ? Nous ne disposons pas d’éléments sur les raisons pour lesquelles Kenza Khattou a été placée en garde à vue.

Nous refusons de penser à ce stade de cette affaire, que cet acharnement est lié à son appartenance à la rédaction de RadioM, média électronique cible de pressions multiformes pour le pousser à abandonner son positionnement éditorial indépendant, sa couverture du Hirak et de toutes les actualités, et son offre d’espace de débats politiques libres. Ce serait, dans ce cas là, une circonstance aggravante de cette violation du droit qui fait qu’une journaliste qui offre toutes les garanties à la justice est privée de sa liberté, dans une affaire liée à l’exercice de sa profession.

La direction de Radio M est en relation avec le collectif des avocats en défense des détenus d’opinion, afin d’assurer la défense qu’il convient de Kenza Khattou. Me Zoubida Assoul s’est rendue au lieu de la garde à vue, dévoilé aujourd’hui, et s’est vu refuser le droit de visite avant la fin des 48 heures, de même que les membres de la famille de Kenza.

Radio M se tient avec l’ensemble des équipes rédactionnelles et les confrères de la presse, mobilisée pour la libération de Kenza Khattou et pour le rétablissement de la liberté d’exercice du journalisme, bafoué également par l’incarcération du journaliste de Liberté Rabah Kareche à Tamanrasset.

L’intimidation et le harcèlement des journalistes n’empêchera pas les images des algériens en marche de continuer à témoigner de ce qui se déroule dans l’espace public.

Il est temps que cette dérive qui vise à bâillonner par les pires recours, les journalistes, cesse et que la raison du droit revienne. Khenza Khettou n’est pas une criminelle et n’a rien à faire dans un commissariat de police durant 48 heures. Libérez la.

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