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Politique

La diaspora algérienne dénonce la condamnation du journaliste Drareni, appelle à la libération de tous les détenus

Yasmine Marouf-Araibi

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© DR | Le journaliste Khaled Drareni

Presque une semaine après sa condamnation à trois ans de prison ferme, le mouvement de solidarité avec le journaliste Khaled Drareni se poursuit encore. Dans un communiqué conjoint, plusieurs partis politiques, organisations et citoyens de la diaspora algérienne en France ont dénoncé la condamnation du journaliste et ont appelé à la libération de tous les détenus d’opinion et politiques.

Pour les signataires “la justice algérienne vient de commettre, une fois de plus, une atteinte d’ampleur à l’un des principes fondamentaux de l’État de droit : la liberté de la presse et d’expression”.

“L’escalade de la répression et des condamnations est une preuve irréfutable que le régime a peur du changement, voire qu’il en est le principal obstacle à même de redonner espoir au peuple quant à l’émergence d’un État de droit et d’une justice libre et indépendante”, ont-ils dénoncé.

Le communiqué

“Le journaliste Khaled Drareni a été condamné à trois ans de prison ferme par le tribunal de Sidi-M’Hammed le 10 août 2020 ; sous le coup des mêmes chefs d’accusation, les militants politiques Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche ont écopé de deux ans de prison, dont quatre mois ferme.

Avec ces lourdes condamnations, la justice algérienne vient de commettre, une fois de plus, une atteinte d’ampleur à l’un des principes fondamentaux de l’État de droit : la liberté de la presse et d’expression. Elles attestent l’inexistence d’une justice indépendante et rejettent toute forme de séparation des pouvoirs : l’institution judiciaire reste subordonnée, instrumentalisée par le pouvoir politique détenu par l’état-major de l’armée depuis 1962, contre la volonté du peuple algérien.

L’escalade de la répression et des condamnations est une preuve irréfutable que le régime a peur du changement, voire qu’il en est le principal obstacle, rejetant toute initiative à même de redonner espoir au peuple quant à l’émergence d’un État de droit et d’une justice libre et indépendante. Le « système », qui n’a pas voulu concéder des solutions concrètes et durables aux exigences de démocratie exprimées par des millions d’Algériennes et d’Algériens depuis le début du Hirak, recourt, comme à son accoutumée, à la répression, aux condamnations, pour museler davantage la presse et les médias, pour étouffer les libertés publiques et démocratiques et briser toutes voix réclamant le changement, la justice et la liberté.

Nous, collectifs, partis politiques d’opposition, comités, organisations et citoyens.ne.s de la diaspora:
– condamnons avec la plus grande vigueur l’injustice faite à Khaled Drareni et à tous les autres accusés ;
– exprimons notre soutien actif et sans réserve à tous les détenus de la dissidence nationale pacifique, et notre solidarité à la corporation de la presse ;
– exigeons l’arrêt de la répression, la libération immédiate, sans conditions, et la réhabilitation de tous les détenus politiques et d’opinion injustement inculpés et condamnés.

Plus que jamais, la solidarité doit se manifester à tous les niveaux pour défendre les militant.e.s du processus révolutionnaire du 22 février 2019 et faire barrage à la politique de terreur et du pourrissement engagée par le régime. Se taire, c’est devenir complice des injustices et du mépris.
Nous réaffirmons aussi notre exigence du respect des droits humains et agissons pour une solution politique pacifique, laquelle passera inévitablement par la dissolution de la police politique afin d’engager le pays dans une transition démocratique indépendante du régime, accompagnée d’un processus constituant souverain et refondateur de l’État et des institutions de la République.

Quels que soient les obstacles qui se dressent contre l’espoir républicain et démocratique né de la mobilisation du Hirak, nous nous engageons à poursuivre la lutte pacifique dans l’union et le respect des pluralités pour imposer le départ du régime et l’instauration d’une véritable démocratie. Ces conditions permettront aux Algériennes et aux Algériens de recouvrer leur droit à l’exercice de leur souveraineté et de leur citoyenneté et d’édifier une Algérie algérienne, démocratique, sociale, égalitaire et plurielle”.

Paris, le 12 août 2020

Organisations signataires (par ordre alphabétique) :

Action citoyenne pour l’Algérie (ACA)
– Action pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA)
– Apel_Egalité-Comité algérien pour la 2° République (CA2R)
– Collectif Groupe Algérie Droit Devant (CGA2D)- Comité de réflexion pour une Algérie consensuelle (CRAC)
– Collectifs Debout l’Algérie (Paris, Loraine et Angoulême)
-Collectif Hirak de L’Ouest, apprend ton droit civique et social
– Collectif libérons l’Algérie
– Collectif de Rennes
– Collectif de solidarité pour la lutte du peuple algérien Lille (CSLPA)
– Comité de Citoyens Algériens en France Pour l’Assemblée Constituante Souveraine (CCAF-PACS) – Collectif pour une Algérie libre et plurielle de Belgique
– Elhadaqa- Etudiants nord-africains en France (ENAF)
– Front des forces socialistes (FFS) France Nord
– Jeunes Révolutionnaires algériens (JRA)
– Jeunes engagés- Les humanistes
-Les Progressistes!
– Mouvement pour la jeunesse et le changement (MJC)
– Mouvement Ibtykar section France
– Mouvement Rachad
– Pour une nouvelle Algérie (PUNA)
– Rassemblement pour la culture et démocratie (RCD) France Nord
– Réseau algérien contre la répression et pour la libération des détenus
– Rebuilding Algeria
– Riposte internationale (RI)
– Union Pour l’Algérie
– Union pour le changement et le progrès France (UCP)

Liste des premiers signataires :

– Massensen Cherbi, constitutionnaliste
– Abbes Hmdane, universitaire
– Sanhaja Akrouf, militante féministe
– Ali Aït Djoudi, journaliste, président de l’ONG Riposte internationale
– Soraya Abbassen, militante politique
– Abderrazak B

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