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Politique

Khaled Drareni condamné à 2 ans de prison: Choc et indignation

Yasmine Marouf-Araibi

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© DR | Le journaliste Khaled Drareni

La condamnation, ce mardi, du journaliste Khaled Drareni à deux ans de prison ferme choque, indigne et révolte. Prononcé peu après 11h par le juge près la Cour d’Alger, le verdict n’a pas tardé à susciter des réactions à l’échelle nationale comme à l’échelle internationale.

Les premiers à réagir étaient les personnes présentes dans la salle où a été prononcé le verdict. Une fois le jugement du procès en appel rendu, ceux-ci ont commencé à scander “Khaled Drareni journaliste libre” entre autres slogans de soutien. Parmi eux, l’activiste Samir Benlarbi, co-accusé de Khaled Drareni. Benlarbi et Slimane Hamitouche ont écopé d’un an de prison dont quatre mois ferme dans le cadre du même dossier. Remis en liberté provisoire, le 02 juillet, après quatre mois en détention, les deux détenus ont déjà purgé leur peine. Ils resteront donc en liberté.

Pour sa part, le président du parti du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas a estimé que la condamnation de Khaled Drareni est “l’une des pires instrumentalisations de la Justice”.

“Le verdict rendu par la Cour d’Alger dans l’affaire de Khaled Drareni, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche confirme la régression générale des libertés et la criminalisation de l’exercice de la citoyenneté consacré par la constitution en vigueur”, a-t-il réagi.

“Intervenant à la veille d’une énième révision unilatérale de cette constitution par les gestionnaires du statuquo, ces décisions nous rappellent que le viol de la loi est, d’abord, le fait des dirigeants officiels”, a-t-il ajouté.

La condamnation de Kahaled Drareni à deux années fermes restera gravée dans les mémoires et l’Histoire comme l’une des pires instrumentalisations de la Justice dans la gestion des conflits politiques et contre le comportement citoyen. Khaled Drareni est coupable d’avoir eu une attitude active et responsable dans l’intérêt du métier de journaliste et dans l’intérêt du pays“, a-t-il encore ajouté.

De son coté, l’organisation mondiale Reporters sans frontières dont Khaled Drareni est le correspondant à Alger, “scandalisée”, a réagi par le biais de son directeur général Christophe Deloire, en condamnant le verdict.

Nous sommes scandalisés par l’entêtement aveugle des juges algériens qui viennent de condamner Khaled Drareni à 2 ans de prison (en appel). Son maintien en détention est la preuve d’un enfermement du régime dans une logique de répression absurde, injuste et violente”, a écrit Christophe Deloire sur Twitter.

Et de marteler: “Les autorités algériennes ne semblent pas avoir conscience de la dégradation de leur image sur le plan international du fait de la condamnation de Khaled Drareni. La répétition de décisions iniques renforce le statut de symbole de ce journaliste indépendant”.

l’ONG anglaise spécialisée en liberté d’expression et accès à l’information “ARTICLE 19” a aussi condamné le verdict qui, selon elle, représente une “atteinte à la liberté de la presse” tout en demandant sa libération et “l’annulation de sa condamantion”.

“ARTICLE 19 condamne fermement l’atteinte flagrante à la liberté de  la presse en Algérie suite à la condamnation aujourd’hui du journaliste Khaled Drareni à deux ans de prison par la Cour d’appel d’Alger. Drareni a été arrêté en mars 2020 après avoir filmé une manifestation anti-gouvernementale”, a écrit article 19.

“Nous demandons la libération immédiate de Drareni et l’annulation de sa condamnation. Cette dernière constitue une violation, non seulement des normes relatives aux droits humains, mais également aux dispositions de la Constitution Algérienne”, a-t-elle ajouté.

Khaled Drareni a été condamné en première instance, le 10 août dernier, à trois ans de prison ferme et 50,000DA d’amende. Depuis, des journalistes, militants et ONG internationales n’ont cessé d’appeler les autorités algériennes à revenir sur leur décision. Des sit-in de solidarité ont été organisés dans les quatre coins du monde notamment à New York, Tunis, Paris et Alger où quatre sit-in consécutifs ont été tenus à la maison de la presse Tahar Djaout. Tout ça sans ébranler la décision de première instance.

En effet, Khaled Drareni, ramené dans une fourgonnette pour assister à son verdict à la Cour d’Alger a été reconduit à la prison de Koléa où il croupit depuis fin mars dernier. On lui reproche “atteinte à l’unité nationale” et “incitation à rassemblement non armé”.


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