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Karim Tabbou: «le pays est assiégé par les polices du pouvoir»

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Après des mois d’absence, le militant politique Karim Tabbou s’exprime sur la situation que traverse le pays. L’occasion de la commémoration -ou plutôt l’évocation- du double anniversaire du Printemps Berbère (1980) et Printemps noir (2001), n’a pas laissé indifférent l’ancien détenu politique du mouvement populaire Hirak.

Ce 42ème anniversaire du 20 avril 1980 revêt, dit-il dans une tribune publiée mercredi sur sa page facebook, «un caractère particulier». «Il intervient dans un moment crucial de la vie du pays, ce dernier se retrouvant à nouveau dans une situation de glaciation autoritaire marquée par de graves atteintes aux droits de l’homme, des arrestations et des emprisonnements arbitraires», écrit le porte-parole de l’Union démocratique et sociale (Parti non encore agréé).

Plus que ça, dénonce Karim Tabbou -qui a vécu les affres de la prison et sait ce que signifie la privation de la liberté-, «le pays se retrouve assiégé par les polices du pouvoir». Des polices, ajoute-il, «qui vont assigner tout le peuple algérien à résidence surveillée alors que les libertés publiques sont suspendues et mises en garde à vue».

Depuis qu’il a quitté la prison en juillet 2020, après dix mois de détention pour ses positions politiques, Karim Tabbou, figure emblématique du mouvement populaire de 22 février 2019, a continué malgré les pressions, de participer aux dernières marches de vendredi du Hirak. Ses sorties médiatiques sont, par la suite, devenues très rares.

«Continuer de militer»

Pour la commémoration du 20 avril et face au constat qu’il fait de la situation du pays, Tabbou appelle à la poursuite du combat de 1980. «C’est justement pour rester en cohérence avec l’essence même du printemps 1980 que nous devons persévérer et continuer de militer pour la reconnaissance intégrale de notre identité, de toutes nos libertés et notre dignité», soutient l’homme politique. Et d’enchainer : «Nous devons rester unis, forts, sereins et déterminés pour libérer notre pays de tous les carcans qui pèsent sur lui».

Ce double anniversaire, Karim Tabbou dit l’évoquer avec «respect de toutes les victimes et de leurs sacrifices» et «une modestie militante, une fidélité pour l’engagement et un espoir de voir triompher les libertés et la démocratie en Algérie».

«Le mérite de la révolte de 1980, déclenchée à la suite de l’interdiction de la conférence que devait animer l’écrivain Mouloud Mammeri, était d’avoir réussi une mobilisation extraordinaire contre la chape de plomb qui s’abattait sur la société et de réaliser également l’exploit de remettre en cause le système du parti et pensée uniques», estime-t-il, expliquant que depuis, les luttes politiques, sociales et culturelles «ont été menées sans relâche».

«Le mérite de la révolte de 1980»

Sans ce qu’il qualifie de «déclic» du printemps berbère, «ni la mise en place d’une ligue des droits de l’Homme en 1985, ni les événements de Constantine en 1986 et ni la révolte populaire de 1988 n’auraient eu lieu», analyse Tabbou, non sans s’en prendre au pouvoir et à sa gestion de toutes ces étapes.

«Pour empêcher toute expression politique de l’opposition, le pouvoir a utilisé des procédés machiavéliques et souvent violents», explique-t-il, rappelant que «c’est dans cet esprit qu’il a ordonné et exécuté l’assassinat, le 07 avril 1987 à Paris, du militant Ali Mecili, compagnon de Hocine Ait Ahmed, avocat au barreau de Paris, figure emblématique de l’opposition».

Et une année plus tard, le pouvoir encore «réprime sauvagement et dans le sang la révolte de 1988» plongeant, par la suite, l’Algérie dans une décennie «meurtrière» et le pays dans «piège du terrorisme et de la violence». Idem pour le Printemps noir de 2001 en Kabylie, où «le pouvoir n’hésite pas à exécuter de sang-froid 128 jeunes, blesser et handicaper à vie des centaines de citoyens». Et à ce jour, «les commanditaires et les responsables de ces crimes sont restés impunis», regrette l’ancien premier secrétaire du FFS.

Mais, quoi qu’il en soit, il estime que toutes ces luttes «n’ont fait que hisser le capital de conscience populaire, de ferveur militante et de fureur citoyenne au plus haut niveau».

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