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Politique

Journée de mobilisation du PAD : « le recours à la répression prouve que le régime s’enfonce dans sa crise »

Melissa NAIT ALI

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© DR | rencontre du PAD au siège du MDS


« Nous avons dépassé la ligne rouge », « le système ne respecte plus rien » et « sa seule réponse à la crise est la répression ». C’est ce qu’ont affirmé, aujourd’hui, les participants à la journée de mobilisation organisée par les forces du pacte de l’alternative démocratie au siège du MDS à Alger, faute d’autorisation de l’administration.


Plusieurs conférenciers, dont Me Mostafa Bouchachi, le professeur en sociologie politique, Nacer Djabi, et le syndicaliste et militant de la LADDH, Keddour Chouicha, sont intervenus sur des thématiques liés « à la situation des droits de l’homme », « les libertés d’expression et de la presse » et « les libertés syndicales ».

Faisant un constat amer sur les droits de l’homme en Alger, l’avocat Mostafa Bouchachi affirme que « le régime dépassé la ligne rouge ». « Les deux appareils, en l’occurrence la justice et les services de sécurité sont mis au service du régime et non pas pour appliquer la loi. Ce sont portant des institutions de l’Etat. On est dans un véritable danger », lance Mostafa Bouchachi, qui est revenu, avec de nombreux exemples.

Selon lui, les manifestants, les militants, les avocats et les journalistes arrêtés récemment « n’ont commis aucun crime ou délit ». « Mais pour justifier leur arrestations, les policiers qui les ont arrêtés sont allés chercher dans leurs téléphones portables et dans leur email des preuves pour les condamner. Ces agents de sécurité sont contraints de recourir à cette pratique. Les magistrats aussi sont soumis à des pressions pour faire condamner les personnes arrêtées ou les placer en détention », affirme-t-il.

Et d’ajouter : « Ces pratiques tue toute la conscience chez les juges ». Mostafa Bouchachi rappelle dans la foulée que le Hirak a été porteur d’un message de lutte pour un Etat de droit. « La réalisation de cet idéal est la responsabilité de tous », indique-t-il.

« Il ne faut pas payer le frais de la crise interne au système »

Intervenant sur le thème de « le multipartisme, les libertés d’expression et la liberté de la presse », Nacer Djabi dresse aussi un tableau sombre de la situation. Selon lui, le régime « n’a jamais reconnu réellement les partis politiques, même s’il a accepté le multipartisme dans les textes ».

Selon lui, il y a un risque de « connaitre, à l’avenir, un degré plus élevé de la répression ». « Cette situation est liée à la crise politique. Il n’y a même pas un centre de décision sur lequel on peut compter pour régler cette crise. Cette désorientation du système influe aussi sur la presse qui est complètement verrouillée », précise-t-il, affirmant « qu’il ne faut pas que les algériens paient les frais de la crise interne au système ». « L’objectif principal aujourd’hui est de sauvegarder le caractère pacifique et national du Hirak », ajoute-t-il.


Pour sa part, Keddour Chouicha précise « qu’on ne peut parler de la liberté syndicale dans un pays qui ne respecte les droits de l’homme ». « On n’attend rien de ce régime qui est dans l’alternance clanique. La normalisation est en marche depuis le mois de mars dernier. Seule les partis docile et les opposants organiques sont tolérés », soutient, de son côté, Ali Laskri, ancien coordinateur de l’instance présidentielle du FFS.

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