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Politique

Insistance de certains sur la reprise du Hirak : Des voix appellent à la raison

Melissa NAIT ALI

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© INTERLIGNES | 30e vendredi de contestation à Alger


La reprise des marches du mouvement populaire dans les conditions sanitaires actuelles ne fait pas l’unanimité. Alors que des appels sont lancés, depuis quelques jours, pour signer dès ce vendredi, 19 juin, la fin de la trêve sanitaire, des voix s’élèvent pour appeler à la raison et à éviter de prendre des risques inutiles.


En effet, le début du déconfinement, décidé il y a deux semaines, semble avoir encouragé certaines figures soutenant le hirak à inviter les Algériens à réinvestir l’espace public. Des marches sont déjà organisées dans certaines localités, notamment en Kabylie, pour dénoncer la répression accentuée contre les activistes et des militants politiques.

Pour activer la relancer des marches du Hirak, suspendues depuis le mois de mars dernier, certains, à l’image de Mohamed Larbi Zitout, ont fixé déjà la date du 19 juin pour remettre en branle la protestation de rue et exiger un changement radical du système.

« Vigilance ! », rétorquent les adversaires de ce choix qualifié de « suicidaire ». Des partis et des personnalités ont déjà appelé à faire preuve de responsabilité et attendre la fin du risque sanitaire pour reprendre la lutte pacifique.

C’est le cas des forces de l’alternative démocratique (PAD) qui réitèrent, dans leur dernier communiqué, « l’appel aux Algériennes et les Algériens à demeurer mobilisés mais vigilants pour s’engager avec force dans la reprise effective des manifestations pacifiques dès que les conditions sanitaires de l’endiguement de l’épidémie de la COVID 19 le permettent ».

Ainsi le PAD n’appelle pas à la reprise éminente des marches dans cette situation, mais après la fin, ou du moins la maitrise, de la crise sanitaire qui reste un sérieux danger pour la vie des algériens en général et des manifestants en particulier.

Du côté des personnalités, l’avocat et défenseur des droits de l’Homme, Mostafa Bouchachi, appelle ouvertement à proroger encore « la trêve sanitaire et à préserver l’unité du Hirak qui est désormais le trait d’Union entre tous les Algériens sans distinction ». Pour lui les conditions « ne sont pas encore réunies pour une reprise sans risque du mouvement ».

L’avocat, Abdelghani Badi abonde dans le même sens. « L’ajournement de la reprise du mouvement populaire est la décision la plus juste qui est en mesure de souder encore les rangs des Algériens. Toute autres décisions est synonyme de la division », explique-t-il dans un message posté, hier, sur sa page Facebook.

Pour l’avocat, le « Hirak n’a pas besoin de facteurs de division, mais de l’unité de la décision ». A partir de sa cellule à la prison de Koléa, l’activiste Samir Benlarbi avait fait le même appel.

« Puisque les conditions sanitaires n’ont pas changé et que le nombre de contamination de décès est presque au même niveau, nous pensons que le report de la reprise des marches du hirak est la décision la plus raisonnable », écrit-il dans une lettre rendue publique aujourd’hui pas ses avocats.

Selon l’activiste, en détention provisoire depuis le mois de mars dernier, « le Hirak ne se résume pas seulement à des marches ». « Il s’agit d’un combat, d’une conscience, d’un savoir et d’un changement de comportement, de pratiques et de valeurs », ajoute-t-il.

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