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Politique

 Impasse politique: le pouvoir écoutera-t-il les appels à la raison?

Les jeux ne sont pas faits. De moins pas définitivement. Alors que le pouvoir en place se montre décidé à tenir, contre vents et marrées, son élection présidentielle, dont le processus est déjà lancé, aucune brèche ne semble être ouverte dans l’impasse politique actuelle.

Melissa NAIT ALI

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© INTERLIGNES | Forte mobilisation à Alger pour le 2434e vendredi de mobilisation cons&cutif
© INTERLIGNES | Forte mobilisation à Alger pour le 2434e vendredi de mobilisation consécutif

 

Car sur le terrain, le mouvement populaire opposé à ce fait accompli ne cesse de se renforcer. Et les mises en garde contre ce passage en force continue de fuser de partout. En dépit du verrouillage des champs politiques et médiatiques, des personnalités nationales, des partis et des intellectuels parviennent à faire entendre leurs voix à soumettre, d’abord à l’opinion et ensuite aux tenants du pouvoir, leurs propositions qui tranchent complètement avec la démarche actuelle.

Durant ces deux derniers jours, deux pôles politiques ont pris l’initiative d’alerter contre les dangers du processus actuel. La première initiative a été signée par 19 personnalités nationales, dont le doyen des avocats, Ali Yahia Abdenour, l’ancien ministre des affaires étrangères, Ahmed Taleb-Ibrahimi, le diplomate Abdelaziz Rahabi et le sociologue Nacer Djabi.

Celle-ci appelle à un dialogue sérieux pour faire de l’élection une première étape pour la mise en place d’une véritable démocratie. « En dépit de toutes ces données qui dénotent clairement une volonté politique de répondre sélectivement aux revendications légitimes du Harak, nous continuerons d’espérer en la possibilité de parvenir à la solution de la crise politique actuelle. D’où notre appel à la poursuite du Hirak, tout en saluant le degré élevé de conscience des manifestants pour leur pacifisme qui, par sa qualité d’acquis civilisationnel, soulève l’admiration de par le monde », expliquent les signataires de cet appel.

Contrairement à la démarche des tenants du pouvoir du commandant de l’armée qui consiste à dire que « seul le prochain président est habilité à satisfaire le reste des revendications du Harak », les signataires affirment le contraire. « La satisfaction des revendications relatives au départ des symboles restant du pouvoir déchu, et démantèlement des réseaux de la corruption sous toutes ses formes », précise-t-on.

Et d’ajouter : « Nous ne pouvons concevoir la prochaine échéance présidentielle que comme le couronnement d’un dialogue aboutissant à un consensus ». Aujourd’hui, deux autres initiatives ont été rendues publiques. La première est l’œuvre du collectif des amis du Manifeste pour une nouvelle Algérie, et la seconde émane du collectif Nabni.

Ayant élaboré un mémorandum pour une transition démocratique, le collectif des amis du Manifeste présente les étapes à suivre pour une « solution durable à l’impasse du système autoritaire ».

Pour sa part, le Collectif Nabni appelle à un débat national autour d’un programme « changements fondamentaux », appelé « Yatnahaw gaâ » pour mettre fin au « système autoritaire » et réaliser la « promesse de la démocratie ». Dans sa plateforme, Nabni va au-delà du seul départ des seules figures de l’ancien pouvoir. Il appelle « surtout à la déconstruction du système ».

Ces réactions confirment, on ne peut plus clair, que l’impasse politique reste totale et que le forcing du pouvoir ne constitue pas une solution à la crise actuelle. Pis, il peut être un danger pour le pays. Les appels à la raison seront-ils entendu à tôt ?

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