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Il appelle à « l’interdiction » de sortie des médecins : quant le sénateur Benzaim se trompe de cible !

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Face au phénomène de l’exode des médecins algériens vers l’étranger, à la recherche d’un meilleur cadre de travail, et de plus de considération, un sénateur n’a pas trouvé mieux que d’appeler les autorités à « interdire » leur départ.

Abdelouahab Benzaim, puisque c’est de lui qu’il s’agit, appelle tout simplement les pouvoir publics à refuser les démissions des médecins spécialistes, lorsqu’ils choisissent d’immigrer dans un pays étranger pour y exercer dans de meilleures conditions. Le sénateur FLN, vraisemblablement à court d’idées, se place comme le gardien du temple de la déontologie et proclame : « Interdiction de sortie » !

C’est en ce titre que Benzaim a signé, ce samedi 12 février, une tribune sur sa page facebook, pour proposer sa ‘’solution miracle’’ au départ massif des médecins à l’étranger, dans la foulée du débat qui a suivi l’annonce de départ de pas moins de 1200 d’entre eux, après avoir réussi l’épreuve de vérification de connaissance (EVC), donnant accès à l’autorisation d’exercice sur le sol français.

Interdire la sortie

« L’Etat doit orienter 1200 médecins spécialistes au Sahara pour travailler et servir la population, tout en leur garantissant les conditions d’exercice et une amélioration des salaires et, ne pas accepter l’exode, tant que nous en sommes dans le besoins », a-t-il écrit, appelant à « refuser leur démission ».

Pour Abdeouahab Benzaim, il s’agit d’« une affaire de sécurité sanitaire et nationale » et « l’Algérie en est prioritaire » lorsqu’il s’agit de garder ces médecins. « Il est illogique d’exporter nos médecins spécialistes, alors que nos hôpitaux en soufrent d’un manque accru en la matière », estime-t-il. Et d’appeler les autorités à leur accorder « des logements, des moyens de travail, des salaires et des voitures » afin de les retenir.

De « l’antinationalisme » !

Enfonçant le clou, il accuse les médecins qui quittent le pays de manquer de patriotisme. « Qu’un médecin abandonne son devoir professionnel, national, alors que le pays et le citoyen ont besoins de lui, cela relève d’un comportement inacceptable, immoral et antinational », soutient-il.  

Mais, ce que semble ignorer ce sénateur ou fait semblant d’ignorer, c’est quand bien même des textes existent accordant logements et plateau technique aux médecins dans le cadre de leur service civil, par exemple, l’application en manque cruellement. Pire, les médecins qui quittent le pays sont à la recherche de la considération qu’ils ne trouvent pas dans leur pays.

La grève de 2017 …

Lorsque les médecins résidents étaient sortis manifester en 2017 contre les mauvaises conditions de travail et pour réclamer plus de droits et une formation continue digne de leur profession, ils ont été matraqués. Le pouvoir avait même manipulé ses médias à la solde pour jeter à la vindicte populaire une élite qui n’a voulu qu’améliorer son quotidien dans un pays où des milliards étaient dépensés sans que rien ne change.

Abdelaziz Rahabi, ancien diplomate l’a dit : l’exode des médecins « rappelle trois réalités ».  La première « est liée au peu de considération que la société dans son ensemble, pouvoir et peuple, accorde à ses élites », la deuxième  réside « dans les conditions générales d’exercice de la médecine en Algérie qui font que ni le citoyen, ni le corps médical qui a subi toutes les formes de répression, ni les pouvoirs publics ne sont satisfaits de la situation actuelle ». Alors que la troisième, « tout autant que les harraga, les médecins souffrent de l’absence de perspectives et de la dégradation du cadre de vie qui ne favorisent pas l’épanouissement humain auquel aspire toute personne humaine », a-t-il admis.

Vision étroite

Mais, il est clair qu’entre Rahabi et Benzaim, l’écart de degré d’analyse et de vision approfondie pour cerner les problématiques, est très large.  

Le sénateur, au lieu de chercher de vraies solution loin du populisme des « logements et des salaires », s’en prend enfin à la France qui, selon lui, « séduit par tous les moyens les médecins, les ingénieurs et l’élite pour s’y installer, avec la mauvaise intention que l’Algérie demeure toujours dans le besoins des ressources humaines spécialisées ».

« Si la France s’intéresse aux jeunes algériens, qu’elle les forme à son compte et avec son budget, selon des conditions contenues dans des accords bilatéraux entre les deux pays. Mais qu’elle saigne toutes les compétences humaines formées par l’argent du trésor public, illégalement, cela est inacceptable », dit-il.

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