Il affirme que le jeûne n’est pas obligatoire : des fanatiques menacent Saïd Djab El Kheir

Crédit photo: DR. Said Djab El Kheir. Islamologue.

Le théologien et spécialiste de la charia, Saïd Djab El Kheir, fait l’objet d’une nouvelle attaque. Des fanatiques islamistes s’en prennent à lui et le menacent de mort. Reproduisant les mêmes pratiques que leurs aïeux dans les années 1990 quand ils désignaient à la vindicte populaire tous les intellectuels opposés à leur idéologie, ces derniers appellent directement à l’assassinat de Saïd Djab El Kheir.

 

Agissant par des pseudos sur le réseau social Facebook, des individus viennent de s’attaquer à ce spécialiste de la Charia qui a réduit à néant leurs thèses sur l’obligation du jeûne durant le mois de ramadan.

 En effet, invité sur le plateau de la chaîne privée proche des islamistes El Bilad, l’islamologue affirme que le jeûne n’est pas obligatoire. «Les musulmans ne sont pas obligés de faire le ramadan, ils ont le choix entre jeûner et payer une fidya (argent ou nourrir un pauvre). Les sahaba (compagnons du prophète, ne faisaient pas tout le Ramadan. Cela sans parler des périodes des conquêtes (ghazaouet en arabe)», souligne Saïd Djab El Kheir, en se référant à des sourates du Coran.

La déclaration a suscité d’abord l’étonnement de certains invités sur le même plateau qui se sont montrés incrédules devant une telle déclaration. Ils se sentaient visiblement confus et en colère contre «une atteinte à leur dogme».

Mais jusque-là rien d’anormal. Le dérapage se produit sur Facebook. Un écervelé vient de lancer carrément un appel au meurtre de Saïd Djab El Kheir. Il donne l’adresse de sa résidence, demandant ainsi son élimination physique. « Cherchez-le et rendez moi des comptes », lancent l’auteur de cette menace.

Cette menace est prise très au sérieux par Saïd Djab El Kheir qui a décidé de porter plainte contre l’auteur de cet appel au meurtre. Ce n’est pas la première fois que ce spécialiste de la Charia soit victime d’une telle attaque en raison de ses positions sur la religion étant complètement à l’opposé de celle défendue par les salafistes et les islamistes radicaux. Ses positions sur la peine de mort ont également suscité la même réaction.