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Société

Hôpitaux submergés, manque d’oxygène : “La situation sanitaire s’aggrave”

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DR I La crise sanitaire s'aggrave en Algérie

Manque d’oxygène, des hôpitaux saturés, prix exorbitants des concentrateurs ou des bouteilles d’oxygène…L’Algérie traverse l’une des périodes les plus difficiles depuis le début de la pandémie en mars 2020.

Face à une hausse vertigineuse des cas de contamination au Covid-19, les Algériens se retrouvent livrés à eux-mêmes. La situation est jugée “préoccupate“, y compris par le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid. Les médecins tirent aussi la sonnette d’alarme.

Les choses ne vont pas bien“, a regretté le professeur Rachid Belhaj, directeur des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha Pacha, dans un témoignage poignant partagé sur les réseaux sociaux dans la journée d’hier, 21 juillet 2021.

Hier, rien qu’au CHU Mustapha Pacha, 12 personnes sont mortes, tandis qu’avant-hier on en a perdu 14″, indique le médecin.

Sur la question de la pénurie d’oxygène, le professeur a affirmé que durant la première et la deuxième vagues de l’épidémie “nous n’avons pas eu de problème d’oxygène contrairement à cette fois-ci puisque le nombre de patients est impressionnant et ils en ont tous besoin”.

Et d’ajouter :” chaque patient a besoin d’au moins 20L d’oxygène par minute et maintenant, ici à Mustapha Pacha, on a 265 malades, 45 d’entre eux sont entre la vie et la mort”.

Le médecin a indiqué qu’en cette période, les hôpitaux ont besoin de “5 fois plus d’oxygène que d’habitude“, témoignant qu’avant cette 3ème vague ils remplissaient leurs réserves d’oxygène “tous les deux jours et que maintenant ils le font tous les 12 heures“.

À ce sujet, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, a affirmé ce jeudi 22 juillet que ce manque d’oxygène est dû à “un problème de transport” assurant que “la production est suffisante pour prendre en charge des dizaines de milliers de malades“.

Dans ce sens, le professeur Rachid Belhaj a appelé les conducteurs à laisser passer les camions d’oxygène puisqu’“un retard d’une demie heure peut causer des dégâts“.

La souffrance du corps médical

Le directeur des activités médicales et paramédicales de l’hôpital Mustapha Pacha a également évoqué la souffrance du corps médical qui “dure depuis 16 mois”. ” Nous sommes humains, on a des familles, on a des vies”, déclare-t-il.

En deux jours, nous avons une trentaine de travailleurs de la santé qui sont touchés par le virus, ils prennent des arrêts de travail et c’est leur droit, mais comment allons-nous gérer le secteur si on continue comme ça ?“, s’est-il alarmé.

Pour aider le corps médical à gérer cette crise, Pr Rachid Belhaj a insisté sur le respect des gestes barrières et l’obligation du port des masques. “Ce sont les gens qui pensent qu’ils ont intouchables par le virus qui emmènent leurs proches pour leur chercher une place à l’hôpital“, affirme-t-il.

Dénoncant “l’insouciance des gens”, le professeur les a appelés à ne pas se regrouper notamment durant les funérailles ou encore durant les fêtes. “La joie peut virer au drame, faites attention“, a-t-il dit.

Recrudescence record des cas quotidiens

L’Algérie enregistre depuis le début de ce mois-ci des chiffres très élevés des cas de Covid officiellement recensés toutes les 24H dépassant la barre des 1200 contaminations par jour.

La situation sanitaire se dégrade de plus en plus malgré la campagne de vaccination de masse initiée en février dernier et la disponibilité des vaccins anti-covid-19.

L’Algérie, rappelons-le, réceptionne de plus en plus de doses de vaccins anti-covid-19 ces derniers temps. Selon le porte-parole du Comité de suivi de l’évolution de la pandémie de Coronavirus, Djamel Fourar, le pays va réceptionner “prochainement près de trois millions de doses par mois“.

Dans le cadre de la vaccination de masse, le ministère de la Santé, a mis en place des vaccinodromes installés à travers tout le pays, notamment dans les places publiques, dans le but d’endiguer la propagation de la pandémie du Covid-19, et faciliter ainsi la vaccination aux citoyens. Abderahmane Benbouzid a également affirmé la disponibilité des vaccins dans les infrastructures sanitaires de proximité.

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