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Politique

Hirak : reprise de la mobilisation avec la même détermination

Melissa NAIT ALI

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Le Hirak est toujours là. Il n’est pas fini. Plus de onze mois après la suspension des marches en raison de la pandémie de Covid-19, le mouvement populaire démontre que ce n’est qu’une partie remise. Aujourd’hui, date anniversaire de son déclenchement un certain 22 février 2019, le Hirak a réinvesti la rue. Et avec la même détermination et les mêmes revendications. Retour sur une journée exceptionnelle…

Il y a quelques jours, les Algériens se posaient encore la question de savoir si le mouvement reviendra tel qu’il était en 2019 et en 2020. La réponse est venue ce lundi. Malgré une campagne médiatique farouche et une mobilisation maximale des forces de sécurité, les manifestants n’ont pas raté le rendez-vous.

Donnant l’écho aux marches de Kharrata et de Khenchela, du 16 et du 19 février derniers, des milliers d’Algériens sont sortis, aujourd’hui, dans plusieurs grandes villes du pays : Alger, Annaba, Tébessa, Bejaia, Tizi Ouzou, Bouira, Boumerdes, Sétif, Oran, Tlemcen et Sidi Bel Abbès. Ils donnent d’emblée le ton : « Nous ne somme pas venus pour faire la fête, mais pour réclamer votre départ ».

La réaction des manifestants a été surprenante, notamment à Alger, où régnait, durant le début de la matinée, un silence inhabituel sous une fine pluie. Rien n’indiquait, durant les premières heures de la matinée, qu’il y aurait une grande manifestation. Jusqu’à 11h00, il n’y avait que les forces de police déployées en masse dans les différentes rues et boulevards d’Alger. Ils ont procédé à des vérifications d’identité des passants et même à des arrestations, comme c’est le cas d’une vieille et ses deux filles habillées en robe Kabyle, interpellées, selon des témoins, manu militari au niveau de la place Audin.

Mais les hirakistes n’attendaient finalement que le moment opportun. Cette présence policière ne les a finalement pas dissuadés. Plus téméraires, des milliers de personnes ont réussi, vers 11h30 à lancer la marche attendue, avant que des « renforts » de manifestants n’arrivent pour rappeler les grandes mobilisations du Hirak.

Durant plusieurs heures, Alger a vibré au rythme des manifestants qui ont repris en chœur l’essentiel des slogans du Hirak : « Djazair Hora, démocratia », « Dawla Madania, machi 3skaria », « y’en a marre des généraux », « vous dégagerez tous! » et « l’heure fatidique a sonné ». Ils s’en prennent aussi au président Tebboune et aux services de sécurité qui ont maltraité des manifestants.

Outre des citoyens de divers horizons, la marche a été marqué par la présence de nombreux acteurs politiques, dont le président du RCD, Mohcine Belabbas, le prote parole du MDS, Fathi Gharas qui a été interpellé avant d’être relâché, Mahmoud Rechedi, secrétaire général du PST et aussi l’ancien coordinateur de l’instance présidentielle du FFS, Ali Laskri, Karim Tabbou, Smaïl Lalmas et des avocats, dont Mustafa Bouchachi et Abdallah Haboul.

Avant de se quitter, les manifestants se donnent le mot pour revenir encore, plus nombreux, vendredi prochain pour signer définitivement le retour du Hirak… « non-béni ». Reste à savoir quelle sera la réaction du pouvoir qui tablait sur la fin de la mobilisation de rue.

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