Grève dans l’éducation : rendez-vous décisif des syndicats dimanche prochain

La ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, tente d’anticiper et désamorcer une éventuelle crise qui secouerait, dans les prochains jours, son secteur. En effet, après un premier trimestre plutôt calme, l’école risque d’être ébranlée par des mouvements de débrayage dès le retour, à partir de ce dimanche, des vacances.

Crédit photo: DR | Réunion Benghabrit et syndicats

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Le collectif des syndicats autonomes des travailleurs de l’Education se réunira, le dimanche 20 janvier, afin de décider de l’entrée ou non dans une grève à compter du jour suivant après la série de rencontres de concertation tenues, depuis mercredi dernier, par le ministère de l’Education nationale avec le partenaire social pour examiner la liste des revendications, a appris l’APS auprès du SG du Syndicat autonome des travailleurs de l’Education et de la Formation (SATEF), Boualem Amoura.

 

 

Le SATEF s’est réuni mardi avec le ministère de l’Education dans le cadre de la série des rencontres de concertation avec le partenaire social pour examiner la liste des revendications soulevées dans le préavis de grève du 21 janvier prochain, a indiqué M. Amoura qui a fait état d’une réunion du collectif, la veille de la date du préavis de grève (soit le 20 janvier) pour l’adoption d’une décision unifiée d’entrer ou non en grève.

Soulignant que la réunion de son organisation syndicale et la tutelle avait vu « un débat franc et ouvert », il a expliqué que les responsables du ministère ont fait montre de « bonne foi » dans l’examen des questions posées, notamment en ce qui concerne le volet pédagogique, précisant que les interlocuteurs du syndicat ont affirmé que « les autres ponts comme la suppression de l’article 87 bis, le maintien de la retraite proportionnelle sans condition d’âge, la mise en place de mécanismes rétablissant l’équilibre du pouvoir d’achat et l’actualisation de la prime de zone sur la base du nouveau salaire de base au lieu de celui de 1989 relevaient des prérogatives du Gouvernement et non pas du ministère ».

Selon M. Amoura, les responsables du ministère ont promis l’organisation de journées d’études avec la participation du partenaire social afin de revoir les curricula éducatifs, ajoutant que le SATEF a mis l’accent sur la nécessité de sortir de ces journées par des décisions s’inscrivant dans le cadre des propositions du partenaire social. Concernant le Statut du personnel de l’Education, les responsables du ministère ont expliqué, ajoute le syndicaliste, que « la non précipitation » dans sa promulgation s’expliquait par le fait qu’il soit lié au décret présidentiel portant valorisation des diplômes et l’impératif d’intégrer toutes les catégories, à l’image des inspecteurs, censeurs et laborantins.

Libertés syndicales

Au sujet de la revendication relative au respect du repos hebdomadaire, le responsable syndical a rappelé que la circulaire sur la remédiation pédagogique souligne le caractère non obligatoire en laissant le choix aux enseignants et aux directeurs des établissements d’en fixer un calendrier et que le syndicat a jugé cela « acceptable », a-t-il déclaré.

Le Collectif des syndicats autonomes du personnel de l’Education nationale compte 6 syndicats, à savoir l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (UNPEF), le Syndicat autonome des travailleurs de l`éducation et de la formation (SATEF), le Conseil des lycées d’Algérie (CLA), le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST) et du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE).

Le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’Education (Cnapeste), a décidé de ne pas prendre part à la grève.

La plateforme des revendications porte essentiellement sur des aspects socio-professionnel et pédagogique ainsi que le respect des libertés syndicales. La ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, avait annoncé jeudi passé l’organisation de rencontres avec tous les partenaires sociaux (syndicats et associations des parents d’élèves) pour examiner les revendications soulevées, promettant, dans ce sens, de prendre en charge celles à caractère pédagogique.

« Protocole »

Les rencontres ont débuté mercredi avec des représentants de l’Union national du personnel de l’éducation et de la formation (UNPEF), suivie d’une rencontre avec la Fédération des associations des parents d’élèves et l’Association nationale des parents d’élèves ainsi que l’Union nationale du personnel de l’éducation (UNPE) affiliée à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).

La ministre avait indiqué, par ailleurs, que ces rencontres s’inscrivaient dans le cadre du « protocole » établi par le ministère qui veille à sa mise en oeuvre. L’inspecteur général de la pédagogie supervisera la concertation avec le partenaire social aux côtés des conseillers, a-t-elle ajouté, mettant en avant que « tous les points seront examinés séparément » durant toutes les rencontres. C

es rencontres -avait elle poursuit- ne concernent pas uniquement les syndicats ayant déposé un préavis de grève pour le 21 janvier mais il s’agit là de tous les syndicats.

 

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