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“Gilets jaunes”: l’ONU réclame une “enquête” après les violences, Paris réplique

La Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a réclamé mercredi à la France une “enquête approfondie” sur les violences policières qui émaillent la crise des “gilets jaunes”, s’attirant une sèche réplique de Paris qui dit ne pas l’avoir “attendue”.

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La Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU Michelle Bachelet, à Genève le 6 mars 2019
© DR | La Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU Michelle Bachelet, à Genève le 6 mars 2019

“Il faudra expliquer à Madame le Haut-Commissaire l’ensemble des faits d’extrême violence” notamment contre “les forces de l’ordre” ou les “biens publics”, a répliqué sur BFMTV le Premier ministre français Édouard Philippe, rappelant qu'”en France, on a un État de droit”.

“On n’a pas attendu le Haut-Commissaire pour faire la lumière sur l’ensemble des faits dès lors qu’il y a des plaintes”, a-t-il ajouté.

Au total, “111 enquêtes (ont été) ouvertes” par l’Inspection générale de la police (IGPN) pour “9.228 cas d’utilisation du LBD”, selon un bilan provisoire daté du 30 janvier et cité par la représentante du ministère français de l’Intérieur, lors d’une audience au Conseil d’Etat.

La polémique a enflé, début janvier, après la grave blessure à l’oeil à Paris d’une figure du mouvement des “gilets jaunes”, Jérôme Rodrigues, à l’acte 11 de leur mobilisation. Les médecins lui ont diagnostiqué la perte de l’usage de l’œil droit, selon un certificat médical transmis à l’AFP.

Selon le collectif militant “Désarmons-les”, 20 personnes ont été gravement blessées à l’œil depuis le début du mouvement, mi novembre. La présidente du groupe CRCE (majorité communiste) au Sénat, Eliane Assassi, a avancé mercredi le chiffre de “17 éborgnés”.

Plusieurs actions ont été intentées par des syndicats et des associations pour obtenir la suspension de l’utilisation du lanceur de balles de défense (LBD). En vain.

Le Conseil d’État a rejeté ainsi le 1er février les demandes du syndicat CGT et de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), estimant que le risque de violences lors des manifestations de “gilets jaunes” rendait “nécessaire de permettre aux forces de l’ordre de recourir à ces armes”.

La LDH a de nouveau saisi le Conseil d’État et déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a lui aussi réclamé dès janvier la suspension de l’usage des lanceurs de balles de défense en raison de leur “dangerosité”.

Dans un discours prononcé devant le Conseil des droits de l’Homme à Genève mercredi, la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, a encouragé “le gouvernement (français) à poursuivre le dialogue et (demandé) urgemment une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d’usage excessif de la force”.

Etonnement du gouvernement

Mme Bachelet a estimé que les “gilets jaunes” manifestaient contre “ce qu’ils considèrent comme (leur) exclusion des droits économiques et de (leur) participation aux affaires publiques”.

Elle a rappelé que “les inégalités touchent tous les pays” et que “même dans des États prospères, des gens se sentent exclus des bénéfices du développement et privés de droits économiques et sociaux”.

Elle n’a toutefois cité que la France comme pays prospère, mais a dénoncé les répressions violentes des manifestations qui se sont produites récemment au Soudan, au Zimbabwe et en Haïti.

“Il faut, je le dis, s’étonner tout de même de se retrouver, cité dans une liste entre le Venezuela et Haïti, où il y a eu des morts”, a déclaré Benjamin Griveaux lors du compte-rendu du conseil des ministres.

Avant la Haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, le Conseil de l’Europe avait appelé le 26 février à “suspendre l’usage du LBD dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre”, afin de “mieux respecter les droits de l’Homme”.

A Paris, le Sénat débat jeudi d’une proposition de loi destiné à interdire l’utilisation des lanceurs de balles de défense par les forces de l’ordre.

Le texte, qui émane du groupe CRCE en pleine crise des “gilets jaunes”, n’a quasiment aucune chance d’être adopté.

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2 Commentaires

2 Commentaires

  1. Avatar

    Sinot

    1 octobre 2019 à 10:23

    Faudra rappeler au collabo grimaux qu’il y a eu un mort à Marseille qui était tranquille chez elle mais il doit avoir la mémoire d’un poisson rouge et sélective ce traitre !

  2. Avatar

    Pagnol

    1 octobre 2019 à 13:06

    Quand c’est les russes qui font on crie au scandale mais en France c’est normal, en France ça s’appelle du maintien de l’ordre quand c’est les autres c’est une honte !

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Allemagne : neuf morts dans deux fusillades près de Francfort

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© DR l Neuf morts dans deux fusillades près de Francfort (Allemagne) visant des bars à chicha

Au moins neuf personnes ont été tuées mercredi soir à Hanau, à une vingtaine de kilomètres de Francfort (Hesse), dans une double fusillades visant des bars à chicha. Le parquet anti-terroriste s’est saisi de l’enquête. Selon la presse locale, la piste d’extrême droite serait envisagée.

Une première fusillade aurait visé un bar à chicha, le Midnight, au cœur de cette ville d’environ 90.000 habitants. Une seconde fusillade s’est produite devant le deuxième, L’Arena Bar.

La police, qui avait lancé une chasse à l’homme à grande échelle, a annoncé ce jeudi matin avoir retrouvé l’auteur présumé mort à son domicile. Un second cadavre non identifié a été retrouvé au domicile du suspect, dans la ville où l’attaque s’est produite, a ajouté la police sur Twitter. «Il n’y a aucune indication que d’autres suspects étaient impliqués», a-t-elle précisé.

Les enquêteurs ont également retrouvé la voiture de l’auteur présumé, qui contenait des munitions et chargeurs. Le suspect était visiblement muni d’un permis de chasse et serait Allemand. Selon le journal Bild, une lettre et une vidéo de confessions auraient été découvertes. Toujours selon le journal allemand, elles contiendraient des revendications d’extrême droite.

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Crise libyenne : Boukadoum en visite à Tripoli

Achour Nait Tahar

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© DR | Sabri Boukadoum en visite en Libye

Le ministre des affaires étrangères, Sabri Boukadoum a effectué ce mardi 18 février, une visite en Libye. Cette visite entre le cadre des efforts de l’Algérie à la résolution du conflit qui déchire ce pays, indique le ministère des affaires étrangère libyen.

Boukadoum a été accueilli par son homologue du gouvernement d’entente national libyen, Ahmed Tahar Sayala.

Le chef de la diplomatie s’est entretenu avec le chef du gouvernement d’entente national, Fayez Al Serraj. Boukadoum a également rencontré son homologue libyen Ahmed Tahar Sayala, ainsi que le ministre de l’intérieur Fethi Bachagha.

L’Algérie multiplie les efforts diplomatique en vue du règlement de la crise libyenne notamment depuis la conférence de Berlin à laquelle l’Algérie a pris part.

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Burkina Faso : 24 morts dans une attaque terroriste visant une église protestante

Achour Nait Tahar

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© DR l 24 morts dans une attaque terroriste visant une église protestante à Burkina Faso

24 personnes ont trouvé la mort et 18 autres ont été blessées lors d’une attaque terroriste ciblant une église protestante. Cet attentat a été perpétré dimanche 16 février à pansi, un village situé au nord du Burkina, rapporte l’Agence France Presse (AFP).

Le pasteur de l’église a été tué dans l’attaque, indique la même source, qui fait état également de l’enlèvement de trois personnes.

“Un groupe armé terroriste a perpétré l’attaque (…) au moment où des fidèles célébraient le culte de dimanche », a déclaré à l’AFP une source sécuritaire. Le maire de la commune voisine de Boundoré, Sihanri Osangola Brigadie, témoigne que les attaquants étaient une vingtaine. Ils ont séparé les hommes des femmes avant d’attaquer l’église.

La ville de Sebba située au nord du Burkina a été, rappelons-le, la cible d’une attaque des groupes armés le 10 février dernier. Les assaillants ont enlevé puis exécuté 5 personnes dont un pasteur.

Le Burkina Faso fait face aux attaques terroristes ciblant le nord du pays frontalier avec le Mali et le Niger, deux pays qui subissent également les affres des groupes djihadistes qui activent dans la région du Sahel.

Pour rappel, 750 personnes sont mortes depuis le début des attaques terroristes que le pays subit il y a 4 ans.

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