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Gaïd Salah presse la justice

Melissa NAIT ALI

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Du jamais vu dans l’histoire. La justice subit, depuis quelques jours, des pressions terribles. Déjà affaibli et complètement discréditée aux yeux de l’opinion publique, comme l’affirment ouvertement des avocats et des magistrats, le pouvoir judiciaire risque encore de voir le peu de crédibilité qui lui reste anéantie par des interférences anticonstitutionnelle.  

 

En effet, le chef d’Etat-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, qui prend l’allure d’un chef de l’Etat en s’attribuant ses prérogatives, se met à lui donner des ordres déguisés. Durant plusieurs semaines, le tout-puissant chef de la grande muette insiste sur l’ouverture des dossiers de corruption et appelle la justice à faire son travail.

Aujourd’hui encore, il lance un nouvel appel aux juges à activer la cadence du traitement des dossiers. Ce qui en soit contraire au travail de la justice qui doit travailler sereinement en prenant le temps nécessaires pour éplucher tous les dossiers afin d’éviter des bavures irréparables.

« Par ailleurs, j’ai appelé l’appareil de la justice, dans mes interventions précédentes, à accélérer la cadence des poursuites judiciaires concernant les affaires de corruption et de dilapidation des deniers publics et de juger tous ceux qui ont pillé l’argent du peuple », déclare-t-il.

Et d’ajouter : « Dans ce contexte, précisément, je valorise la réponse de la justice quant à cet appel qui représente un volet important des revendications légitimes des algériens. Je rappelle également que le Commandement de l’Armée Nationale Populaire offre des garanties suffisantes aux services judiciaires pour poursuivre avec détermination et en toute liberté, sans aucune contrainte ni pression, le jugement de ces corrupteurs, ces dispositions permettront ainsi de rassurer le peuple que son argent pillé sera récupéré par la force de la loi et avec la rigueur requise».

Violation de la Constitution

Ces interventions sont qualifiées par les observateurs et les hommes de loi comme une grave atteinte, d’abord, à l’indépendance de la justice et une violation de la constitution. « C’est très grave ! Cela confirme que la justice sous le règne de Bouteflika et même après son départ est soumise à des interférences du pouvoir réel », explique l’ancien magistrat et avocat, Abdellah Heboul.

 Selon lui, un magistrat « doit respecter la loi, n’obéir qu’à elle et l’appliquer strictement ». « Le discours de Gaïd Salah a prouvé que c’est l’armée qui gouverne. Il a outrepassé ses prérogatives légales et a empiété sur la Constitution. Il n’a pas la qualité pour donner des orientations à la justice. Ceux qui sont habilités à le faire son le chef de l’Etat et le ministre de justice et personne d’autres », ajoute-t-il.

L’ouverture des dossiers liés « aux détournements », la convocation et la mise sous mandat de dépôt de certains hommes d’affaires, suscite, non pas de la satisfaction comme l’affirme Gaïd Salah, mais de la peur d’une justice de vengeance. C’est pourquoi des avocats et des hommes politiques appellent à une justice transitionnelle qui devra être mise sur pied après l’aboutissement du processus politique.

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