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Gaid Salah est-il en conflit avec le clan présidentiel?

Bouzid ICHALALENE

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Le président de la république Abdelaziz Bouteflika, ministre de la défense, et Ahmed Gaid Salah, vice ministre de la défense

L’armée tient à sa proposition de sortie de crise, à travers la mise en œuvre de l’article 102 de la constitution. Elle le réaffirme à travers un communiqué urgent rendu public, aujourd’hui en début de soirée. En effet, le vice-ministre de la défense nationale et chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah a tenu une réunion avec les responsables militaires pour « étudier les développement de la situation politique prévalant dans notre pays, suite à la proposition de mise en œuvre de l’article 102 de la constitution, en particulier ».

 

Malgré le rejet massif de la proposition exprimé, vendredi dernier, à travers la grande mobilisation populaire, le chef d’état-major estime que la proposition « est accueillie favorablement par les Algériens ».

« La majorité du peuple algérien, à travers les marches pacifiques, a accueilli favorablement la proposition de l’ANP », lit-on dans ce communiqué. Mais selon la même source, « certaines parties malintentionnées s’affairent à préparer un plan visant à porter atteinte à la crédibilité de l’ANP et à contourner les revendications légitimes du peuple ».

« En effet, et en date du 30 mars 2019, une réunion a été tenue par des individus connus, dont l’identité sera dévoilée en temps opportun, en vue de mener une campagne médiatique virulente à travers les différents médias et sur les réseaux sociaux contre l’ANP et faire accroire à l’opinion publique que le peuple algérien rejette l’application de l’article 102 de la Constitution », ajoute le communiqué de l’ANP.

Cette partie du communiqué est lourde de sens. Elle laisse entendre qu’il y a une opposition à la proposition de Gaïd Salah. Qui sont « ces parties malintentionnées » citées dans le communiqué ? Sont-elles à l’intérieur du pouvoir ? Le clan présidentiel est-il à l’origine de cette opposition à l’application de l’article 102 de la constitution proposé par le chef d’état-major de l’ANP ?

Enigme ! Pourquoi le commandement de l’ANP ne révèle-t-il pas l’identité de ces parties ? Dans un message posté sur sa page Facebook, le président du RCD, Mohcine Belabbas, donne une idée. Selon lui, ces parties sont, entre-autres, l’ex-patron du DRS et le frère cadet du chef de l’Etat, Saïd Bouteflika.

« Gaïd Salah commence à s’énerver. Une rencontre qui se serait tenue à Zeralda et à laquelle auraient pris part l’ex patron du renseignement et le frère de celui qui s’entête à ne pas démissionner l’a contraint à une réunion d’urgence avec d’autres responsables militaires présents au centre du pays. Le manque de courage de citer les personnes qui se sont réunies laissent supposer que la partie n’est pas gagnée pour lui. Heureusement que le peuple est déterminé à défendre notre patrie », écrit Mohcine Belabbas.

Ahmed Gaïd Salah est-t-il réellement en rupture avec le clan présidentiel ? La grille de lecture n’est pas claire. En tout cas, il laisse entendre que « ces parties malintentionnées » visent désormais à dénigrer l’ANP, et met en garde.

«En ajoutant que toutes les propositions découlant de ces réunions suspectes, qui vont à l’encontre de la légalité constitutionnelle ou portent atteinte à l’ANP, qui demeure une ligne rouge, sont totalement inacceptables et auxquelles l’ANP fera face, par tous les moyens légaux», conclut le communiqué.

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