Financement de la force G5 Sahel : des financements pour une année assurés

Financement de la force G5 Sahel : des financements pour une année assurés

Crédit photo : DR | Federica Mogherini, la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et le président du Niger, Mahamadou Issoufou, vendredi à Bruxelles.

Une bouffée d’oxygène ! Mais seulement pour une année. La force militaire, constituée par cinq pays africains pour lutter contre les groupes terroristes actifs dans la région du Sahel, s’assure un financement pour une année. La conférence internationale de Bruxelles, tenue vendredi dernier à Bruxelles en Belgique, s’est soldée par une nouvelle différemment appréciée par les participants.

Il s’agit de l’accord sur le financement de la force militaire du G5 Sahel à hauteur de 414 millions d’euros. La décision a sans doute dépassé les espoirs de ses organisateurs, mais certains dirigeants n’ont pas caché leur crainte que l’effort consenti ne soit pas « durable » pour en finir avec ce bourbier, dont souffrent tous les pays de la bande sahélienne. Pour les européens, le résultat est positif. Et pour cause, la force militaire de 5000 soldats devrait voir ses coûts de fonctionnement presque intégralement couverts : ils sont estimés à 423 millions d’euros pour 2019, et 414 millions d’euros de promesses de dons ont été enregistrés.

Cette force devra être mise en place au printemps prochain. Elle devra intervenir sur les zones frontalières où active actuellement la force française « Barkhane », composée de 4000 soldats. Les troupes françaises vont-elle quitter les lieux ? Pas pour l’instant. Selon le président, Emmanuel Macron, « il n’y a pas de stratégie de sortie prévue », soulignant que l’effort financier pour la force G5 ne visait pas à hâter le départ de l’armée française. Au contraire, ajoute-t-il, la force « Barkhane » pourrait être appuyée par les forces internationales, dont celle du G5 Sahel et la minusma (force onusienne de 12 000 hommes). Réagissant à la décision de la réunion du Bruxelles, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, précise « que ce que nous faisons pour la lutte contre le terrorisme est aussi destiné à assurer la sécurité mondiale ».

Concrétiser la promesse

Le plus important, selon Moussa Faki, président de la commission de l’Union africaine, le plus important est la concrétisation des promesses de dons consenties par les soixante délégations présentes. Ce dernier rappelle que « la zone à sécuriser compte 28 000 km de frontières et s’étend sur 5 millions de km². « Pour l’instant, 50 millions d’euros seulement, ceux promis dans un premier temps par l’UE, ont été effectivement débloqués.

Afin de pérenniser le financement de la force, les dirigeants du Sahel tentent de la placer sous l’égide de l’ONU, ce qui permettrait de lui assurer durablement des ressources », dit-il. Selon lui, il faudra encore mobiliser 115 millions d’euros annuellement pour des opérations qui risquent de durer longtemps. « Les plus grandes armées du monde ont combattu Daech durant trois ans en Irak et en Syrie », rappelle-il, en soulignant que la déstabilisation de la Libye après l’opération militaire occidentale avait aussi largement contribué à aggraver la situation sécuritaire de toute la région, en permettant notamment aux réseaux terroristes et criminels de s’approvisionner massivement en armes.

Sur les 414 millions d’euros annoncés vendredi, l’UE contribuera à hauteur de 100 millions, doublant donc son aide actuelle. L’Arabie saoudite a promis 100 autres millions, les Emirats arabes unis, 30, les Etats du G5, 50. La France complétera son effort à hauteur de 8 millions, essentiellement sous forme de matériel. Les Etats-Unis ont, eux, promis l’équivalent de 48,8 millions d’euros d’aide bilatérale.

Mégabannière (728x90)