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Fermeture de Liberté: RSF déplore «le sacrifice» d’un journal trentenaire

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La fermeture du journal Liberté par son propriétaire Issad Rebrab continue de susciter des réactions, mais surtout des regrets dans le monde médiatique. Reporters sans frontières (RSF), a déploré ce vendredi 8 avril, le «sacrifice soudain» d’un journal trentenaire.

«Le quotidien algérien Liberté va officiellement cesser de paraître. Ce journal trentenaire était une référence en matière d’information indépendante et n’a cessé ces dernières années de subir des pressions politiques émanant du plus haut sommet de l’Etat algérien», écrit RSF qui «déplore le sacrifice soudain de ce titre sans raison valable». L’organisation  exprime ses «inquiétudes» pour les autres médias du pays.

Pour RSF qui loue «le talent mondialement reconnu» du caricaturiste Dilem en dernière page, «Liberté était devenu un journal lu et apprécié» en trente ans d’existence.

«La disparition du quotidien Liberté intervient dans un contexte politique et économique extrêmement défavorable à la liberté de la presse en Algérie », a déploré Christophe Deloire, Secrétaire général de l’organisation. Il rappelle que «d’autres journaux, comme El Watan, subissent également de fortes pressions politiques».

RSF s’est d’ailleurs interrogé sur les raisons de cette fermeture, dans ce contexte politique.  «L’issue choisie par le propriétaire de Liberté de fermer le journal est-elle le résultat des pressions interminables qui se sont exercées au plus haut niveau ces derniers mois contre sa ligne éditoriale?», se demande-t-elle. Et d’ajouter qu’ «aucune explication ni raison valable n’a été donnée par le propriétaire du journal, Isaad Rebrab».

«Aucune raison valable»

L’organisation évoque à l’occasion le travail par lequel «s’est distingué» le journal durant la décennie noire, «en dépit de la multiplication des attentats terroristes qui visaient les journalistes». «Deux reporters du quotidien avaient d’ailleurs payé de leurs vies leur appartenance au journal, Hamid Mahiout et Zineddine Aliou Salah, tous deux assassinés en 1995», rappelle RSF.

Enfin, affirmant que depuis le début du mouvement populaire Hirak en février 2019, «des dizaines de journalistes ont été arrêtés, poursuivis et emprisonnés de façon arbitraire», RSF «a de tout temps alerté les autorités algériennes quant à l’absolue nécessité de respecter les fondements mêmes de la liberté de la presse et de libérer tous les journalistes encore en détention dans le pays», écrit-elle.

L’Algérie figure à la 146e place (sur 180) du Classement mondial de la liberté de la presse 2021 de RSF.

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