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Fermeture de Liberté: Rebrab évoque «le souhait légitime» de ses successeurs

Le journal Liberté est paru ce jeudi 14 avril 2022 pour la dernière fois. Une vague de colère, d’indignation et d’appels a suivi, depuis fin mars, la décision de sa fermeture prise par son propriétaire Issad Rebrab.

Pour la première fois, l’homme d’affaires et patron du Groupe Cevital, s’explique. Dans une déclaration publiée dans l’édition de Liberté, la dernière, de ce jeudi, il évoque deux principales raisons: la crise économique et la volonté de ses enfants.

En toute vraisemblance, c’est ce deuxième motif qui aurait pesé. «Au moment où je prends enfin une retraite effective, j’ai voulu faire en sorte que la relève qui me succèdera puisse se consacrer au seul impératif de développement des activités industrielles du groupe, libérées des contraintes particulières de gestion d’une entreprise de presse», écrit l’homme d’affaires. Et d’ajouter : «c’est au demeurant le souhait légitime de mes successeurs».

Ainsi, si Rebrab a pu supporter, des années durant, les pressions et blocages qui entravaient ses activités économiques, en partie en en raison du ton et de l’esprit critiques des politiques du gouvernement, adopté par Liberté, ses enfants n’en veulent pas. Ils veulent se libérer de ce qui semble, pour eux, être «un fardeau» !

Un fardeau ?

Issad Rebrab explique avoir «placé le groupe Cevital dans une perspective d’un nouveau départ», devant faire suite à « (son) départ de la vie active que (son) âge a rendu nécessaire ».  Un retrait qu’il annoncera «prochainement», a-t-il précisé.

Quant à la raison économique, le patron du groupe Cevital qui dit «comprendre» le sentiment de ceux, si nombreux, «qui refusent de consentir à l’extinction d’un support dévoué de la liberté d’expression (…)», s’est montré affirmatif quant aux difficultés financières.  «Aux concitoyens et amis du journal ayant exprimé leur souhait de voir sa parution se poursuivre et à ceux n’en ayant pas compris les motifs, je confirme que sa situation économique ne lui permet qu’un court et vain sursis», dit Issad Rebrab.

Plus encore, il ajoute qu’une proposition de vente du journal n’était pas possible. «Ce quotidien d’information a été proposé à la vente mais il a été victime, comme beaucoup de supports de presse, de l’évolution mondiale des comportements des lecteurs qui s’oriente vers la presse électronique», a-t-il souligné.

«Court et vain sursis»

Contrairement au Collectif Liberté qui, dans un communiqué, avait assuré que «la société éditrice dispose encore de ressources financières suffisantes pour lui permettre de continuer à exister», son propriétaire affirme le contraire. «Depuis un temps, le journal est distribué à perte. Et la perspective n’est point encourageante», tranche Rebrab.

Quoi qu’il en soit, pour cette expérience longue de 30 ans, Issad Rebrab dit avoir «vécu cette période avec beaucoup de plaisir». Il terminera par une « reconnaissance » aux générations de lecteurs de Liberté qui «lui ont constamment donné sa raison d’être», un « hommage » aux générations d’employés qui «ont successivement partagé l’exigeante tache de confection quotidienne du journal». Avant de s’incliner «devant la mémoire de ceux d’entre eux qui, sous les balles assassines du terrorisme, ont payé de leur vie la cause de progrès et de démocratie qu’il a toujours défendue».  

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