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Fatiha Benabbou : “Gaid Salah a-t-il obtenu une lettre de démission qui sera remise au conseil constitutionnel?”

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La constitutionnaliste Fatiha Benabou qualifie « d’illégale », la démarche des tenants du pouvoir qui ont déposé par procuration la candidature du président Bouteflika à la prochaine présidentielle.

Après l’appel du général Ahmed Gaid Salah à l’application de l’article 102, les partis politiques et plusieurs personnalités rejettent encore l’offre faite par le “Système”.

 Mme Fatiha Benabou est professeur de droit à l’université d’Alger et spécialiste en droit constitutionnel. Elle a accepté de répondre à trois questions sur la crise politique actuelle.

 

Comment appréciez-vous la demande du chef d’Etat-major Ahmed Gaid Salah d’appliquer l’article 102 de la Constitution ?

 

Le chef d’Etat-Major, Ahmed Gaid Salah avait déclaré dans l’un de ses discours précédents que des solutions existent pour régler la crise politique que traverse le pays. Je n’écarte pas la possibilité que la proposition de Gaid Salah pour l’application de l’article 102 de la Constitution ait été préalablement accordée par la Présidence. Car il est impératif de savoir que le chef de l’armée ne peut savoir l’alinéa relatif au cas d’empêchement. En effet, l’article 102 comporte plusieurs alinéas. Et je pense qu’ils se sont entendus sur la démission volontaire. Il est également fort probable que Gaid Salah a obtenu une lettre de démission du président qui sera remise au conseil constitutionnel. Toute la procédure normale du conseil constitutionnel va être, par la suite, mise en branle.

 

Pensez-vous que l’application de l’article 102 serait une solution à la crise politique actuelle que traverse le Pays ?

 

J’étais parmi les initiateurs de cette proposition. Etant donné mon expérience, j’estime que la meilleure solution pour l’Algérie est le maintien de la légalité. J’insiste sur ce point, car en 1992, une rupture de la légalité a eu lieu. Un processus qui nous a mené inévitablement vers un chemin plus tortueux que celui que l’on prévoyait. Il est donc nécessaire de dire que ce n’est nullement les ruptures violentes qui peuvent nous garantir la démocratie. Et effectivement, pour que nous soyons dans un Etat de droit, les successions ne doivent pas se faire d’une manière violente. Il faudrait, dans ce contexte, commencer par l’utilisation des ressources juridiques qui sont, faut-il préciser, des ressources pacifiques.

Cette annonce plaira-t-elle aux Algériens qui demandent non seulement le départ du Président mais également le départ de tout le système politique?

 

Cette demande va certainement déplaire à certains. Mais je pense que la majeure partie des Algériens l’accepteront car cette proposition répond à une demande du peuple. D’autant que le départ du Président induira systématiquement le départ de toute son équipe.

Qu’elle serait à votre avis,  l’issue de la crise politique actuelle que traverse le pays ?

 

L’issue sera une élection au suffrage universel. L’homme qui sortira des urnes doit avoir la légitimité du peuple. Cette dernière est incontestable et personne au monde ne peut contester les résultats des urnes. L’essentiel c’est que nous puissions négocier la composition de la haute instance indépendante. Il faut installer des gens neutres, compétents et dont la société civile arrive à imposer les noms. Et c’est là où les négociations doivent se dérouler.

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