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Politique

Drame au Maroc : 23 migrants morts après « l’usage de méthodes très violentes »

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Vingt-trois migrants ont péri lors d’une tentative d’entrée de près de 2 000 clandestins d’origine d’africaine, les 24 et 25 juin, dans l’enclave espagnole de Melilla, au nord du Maroc

Vingt-trois migrants ont péri lors d’une tentative d’entrée de près de 2 000 clandestins d’origine d’africaine, les 24 et 25 juin, dans l’enclave espagnole de Melilla, au nord du Maroc. Des images choquantes montrent la violence inouïe et disproportionnée face à des migrants impuissants qui tentaient de rejoindre l’enclave Espagnole de Melilla.

Cet assaut est marqué « par l’usage de méthodes très violentes de la part des migrants », a précisé à l’AFP une source des autorités de la province de Nador, ajoutant que « Cinq migrants sont décédés, ce qui porte le bilan à vingt-trois morts ».

Des images filmées sur les lieux par les habitants montrent que les forces de l’ordre marocaines ont fait recours à une violence disproportionnée. Gaz lacrymogène, femmes par terre matraquées et piétinées, jets de pierres sur un groupe de migrants pris en sandwich ; la gendarmerie marocaine a largement dépassé son travail de maintien de l’ordre qui consiste à repousser les migrants de l’enclave Espagnole de Melilla.

Contactée par l’AFP, la Garde civile espagnole, qui surveille l’autre côté de la clôture, a assuré ne pas avoir d’informations sur ce drame, renvoyant vers le Maroc. 

Omar Naji, de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH), a confirmé à l’AFP que des « affrontements » avaient eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi entre migrants et agents marocains. La section de l’AMDH à Nador a réclamé l’ouverture d’« une enquête sérieuse pour déterminer les circonstances de ce bilan très lourd » qui montre que « les politiques migratoires suivies sont mortelles avec des frontières et des barrières qui tuent ».

Malgré les efforts de cette association, aucune autre organisation de droits humains ne semble s’intéresser à cette tragédie humanitaire dont le bilan provisoire qui risque de s’aggraver s’élève déjà à 23 morts, surtout que plusieurs observateurs internationaux accusent Rabat « d’utiliser la migration clandestine pour faire chantage et pression sur Madrid ».

Situées sur la côte nord du Maroc, Melilla et l’autre enclave espagnole de Ceuta sont les seules frontières terrestres de l’UE sur le continent africain et font régulièrement l’objet de tentatives d’entrée de la part de migrants cherchant à rejoindre l’Europe.

Brouille diplomatique

Cette tentative d’entrée massive dans l’une des deux enclaves est la première depuis la normalisation mi-mars des relations entre Madrid et Rabat après une brouille diplomatique de près d’un an. Cette dernière a été provoquée par l’accueil en Espagne du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, Brahim Ghali, en avril 2021 pour y être soigné du Covid-19. Madrid a mis fin à cette crise en soutenant publiquement le plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole dont une partie est contrôlée par Rabat mais revendiquée par le Polisario, soutenu par l’Algérie.

Début avril, le roi Mohammed VI a reçu le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez à Rabat pour sceller cette réconciliation lors d’un «iftar», la rupture du jeûne du ramadan, offert en son honneur. Une marque de l’importance de sa visite aux yeux des Marocains. La crise entre les deux pays a eu pour point culminant l’entrée en mai 2021 de plus de 10 000 migrants en 24 heures à Ceuta, à la faveur d’un relâchement des contrôles frontaliers côté marocain.

«Chantage» et une «agression» de la part de Rabat

Pour Madrid, cette normalisation a pour but principal de s’assurer de la « coopération » de Rabat dans le contrôle de l’immigration illégale. Très critiqué en interne pour son revirement sur le Sahara, Pedro Sanchez a salué vendredi la « coopération extraordinaire » de Rabat en matière migratoire qui démontre, selon lui, « la nécessité d’avoir la meilleure des relations ».

Madrid a alors dénoncé un «chantage» et une «agression» de la part de Rabat qui a pour sa part rappelé son ambassadrice en Espagne, qui n’y est revenue que le 20 mars. Juste avant la réconciliation entre les deux pays, Melilla a été le théâtre début mars de plusieurs tentatives d’entrée massives dont la plus importante jamais enregistrée dans cette enclave avec quelque 2 500 migrants. Près de 500 y étaient parvenus.

Le Maroc, d’où partent la majeure partie des migrants vers l’Espagne, a été régulièrement accusé, par nombre d’observateurs, de les utiliser comme un moyen de pression sur l’Espagne. Début juin, le Premier ministre Pedro Sanchez a déclaré que l’Espagne «ne tolérerait pas» l’usage de «l’immigration clandestine comme arme de pression». Des propos qui ont sonné comme un avertissement indirect à Rabat surtout après les critiques que ce dernier a eu en interne après pour son revirement sur le Sahara occidental.

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