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Politique

Deux jours avant le scrutin présidentiel : Marches imposantes, répressions et arrestations

L’Algérie en ébullition. A deux jours du scrutin présidentiel, la tension monte dans tout le pays. Déterminé à faire barrage à cette élection, qualifiée de « mascarade électorale », le mouvement populaire accentue la contestation en multipliant les actions pour la disqualifier avant le jour « J », soit jeudi 12 décembre.

Melissa NAIT ALI

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Comme chaque mardi, des milliers d'étudiants sont descendus dans les rues de la capitale pour maintenir la pression sur "le système et revendiquer une nouvelle fois, le départ de tout le système politique en place. Même après l'annonce de la démission de Tayeb Belaiz deson poste de président du conseil constitutionnel, ces dernier ne décolèrent pas.
© INTERLIGNES MEDIA | Marche des étudiants à Alger le 16 Avril 2019.NEF

En effet, plusieurs villes du pays ont vibré, aujourd’hui mardi 10 décembre, au rythme des marches hebdomadaires des étudiants auxquels se sont joints des citoyens de divers horizons. A Alger, à Bejaia, à Bouira, à Tizi Ouzou, à Sétif, à Constantine, à Annaba et à Sidi Belabbes, des milliers de personnes ont battu le pavé de ces villes pour dire, pour la énième fois, « non au passage en force électoral ».     

La capitale, Alger, était noire de manifestants, durant la journée d’aujourd’hui. Une foule immense s’est ébranlée à partir de la place des Martyrs pour sillonner plusieurs boulevards de la ville, avant de bloquer carrément la circulation au niveau de la rue Hassiba Ben Bouali.

Les manifestants ont même contraint les commerçants n’ayant pas suivi le mot de grève à baisser rideau précipitamment, sous les cris de « eghlek y a ldji3an, rezq 3la rebi (fermes ta boutique) ».  

 Cette 42e marche de mardi a été, de l’avis de tous les observateurs, l’une des plus importantes organisées à Alger depuis le début du Hirak, le 22 février dernier. Elle a drainé des milliers de personnes, toutes catégories d’âges confondues. La foule était tellement dense qu’il était devenu difficile de marcher pour les manifestants. La procession a même pris un autre itinéraire, en empruntant la rue Didouche Mourad pour descendre sur la rue Victor Hugo et rejoindre la rue Hassiba Ben Bouali.

Les manifestants ont été bloqués par la suite à hauteur de la place du 1er Mai par un impressionnant dispositif policier déployé sur place.

La répression comme réponse

La mobilisation a été également grandiose à Tizi Ouzou, à Bouira et à Bejaia où des marrées humaines ont envahi ces trois villes pour exprimer leur rejet de la présidentielle. « 12/12 la yadjouz », « Je ne vote pas contre ma patrie », scandent les manifestants dans ces villes.

Même scénario à Sétif, à Constantine et à Annaba. Mais le pouvoir, décidé à imposer ce scrutin, n’a eu qu’une seule réponse : la répression. A Annaba, les policiers ont précédé à de nombreuses arrestations parmi les manifestants anti-élection.

A Sidi Belabbes, à l’Ouest du pays, la marche des étudiants a été carrément réprimée. Les forces de police ont fait usage de gaz lacrymogènes et de matraques contre les jeunes étudiants sortis marcher dans la ville. Selon des témoins sur place, il y a eu de nombreux blessés.

Conscients des dangers que représente cette élection, de nombreuses personnalités nationales, des hommes politiques, des intellectuels et des militants associatifs ont lancé des appels à la vigilance et au calme. Ces derniers invitent aussi les Algériens à rester pacifique et à poursuivre la lutte, même au-delà du 12 décembre.    

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