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Décisions de Tebboune : l’APN et Benabderrahmane désavoués…  

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Les députés ont dit ‘’oui’’ aux nouvelles taxes et aux impôts contenus dans la Loi de finance 2022 qu’ils ont votée en novembre 2021. Tebboune a dit ‘’non’’ !

Le chef de l’Etat a ordonné, dimanche lors d’une réunion du Conseil des ministres, « le gel » avec effet immédiat de tous les impôts et les taxes, notamment les taxes contenues dans la loi de finances 2022 sur certains produits alimentaires, et ce « jusqu’à nouvel ordre ». Abdelmadjid Tebboune a décidé de supprimer tous les impôts et taxes sur le e-commerce, les téléphones portables, les matériels informatiques à usage personnel et les startups en se contentant des tarifications réglementées. Comme il a ordonné au gouvernement de « prendre toutes les mesures et procédures visant à faire éviter aux citoyens l’impact de la flambée vertigineuse des prix dans les marchés internationaux durant l’année en cours jusqu’à leur stabilisation », selon le communiqué de la Présidence.

Au-delà de l’impact de ces décisions sur le quotidien des citoyens et des ménages, déjà affaiblis par un pouvoir d’achat en constance érosion, c’est le débat autour du véritable rôle, sinon poids, de l’Assemblée nationale dans le système politique algérien, qui refait surface. Idem pour le chef de l’Exécutif, Aïmene Benabderrahmane.

Une Chambre d’enregistrement

Quelle crédibilité donner désormais à une APN désavouée par le Président ? Élue avec un taux officiel de participation de 23% aux législatives, l’APN subit d’ores et déjà un premier affront.  Malgré les avertissements de l’opposition, lors du débat sur le Projet de Loi de finances, les députés, à l’exception des élus du Mouvement de la société pour la paix (MSP), ont adopté le texte comme une lettre à la poste. Bien entendu, ce n’est pas parce qu’ils avaient conclu que les nouvelles dispositions n’allaient pas toucher à la poche du simple citoyen mais, juste parce qu’ils sont là pour « accompagner la feuille de route du Président ». Le PLF, avant d’atterrir au niveau de la chambre basse du Parlement, a été adopté en Conseil des ministres présidé par Tebboune.

Maintenant que le même chef de l’Etat a proclamé en un claquement de doigt « le gel » des nouvelles taxes, les députés de la majorité (FLN, RND, Indépendants, El Bina, El Moustakbal…), vont-ils applaudir pour se contredire ? Une chose est sûre, ils ne vont surtout pas s’y opposer !

Un Premier ministre réduit

Aïmene Benabderrahmane, lui, n’échappe pas à ce qui semble être un piège. Tout comme les députés, le Premier ministre parait impuissant devant la décision du Président. Pourtant, c’est lui-même qui s’est présenté devant les députés pour défendre le texte du PLF 2022. Réduit à son simple rôle de coordonateur de la feuille de route du chef de l’Etat, Benabderrahmane vit la même situation que son prédécesseur, Abdelaziz Djerad.

Sur un autre plan, les décisions prises par Abdelmadjid Tebboune en Conseil des ministres, dénotent d’une gestion aléatoire des affaires de l’Etat. Sinon, comment ce texte de PLF 2022 a pu être élaboré par le gouvernement, puis adopté en Conseil des ministres avant d’être voté par le Parlement et signé par le Président, sans qu’il y ait, au préalable, une vision prospective sur les conséquences de ses dispositions sur le pouvoir d’achat ? Il a fallu trois mois après, un vent de critiques et une levée de boucliers, pour que l’on fasse machine arrière. Si l’Exécutif et le pouvoir de manière générale, ne peut produire une vision prospective de sa politique sur une seule année d’exercice, tracer des objectifs à long terme peut paraitre comme un pari risqué.

Quid de la séparation des pouvoirs ?

Pour ce qui est de l’effet Tebboune, l’on n’est pas loin des anciennes pratiques du pouvoir Exécutif sous Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier se montrait souvent dans la peau du président à l’écoute de son peuple en annulant des mesures prises par son gouvernement. Il l’a fait en 2018, en ordonnant la suppression des augmentations des taxes devant toucher, dans le cadre de la LFC, les passeports, la carte d’identité et le permis biométriques.

En agissant de la sorte, c’est le principe même de séparation des pouvoirs, un des fondements de toute démocratie qui se respecte, qui est remis en cause. Certes, Abdelmadjid Tebboune gagnera, peut-être, en sympathie dans le milieu populaire, des ménages, mais, sur le plan institutionnel, des questions se sont déjà posées autour de la justesse de ses décisions et par quel mécanisme législatif et réglementaire peut-il revenir sur une loi votée par le Parlement et publiée au Journal officiel ? Alors que dans le discours qui fait la promotion de « l’Algérie nouvelle », l’on ne cesse de proclamer le saut vers la démocratie, les pratiques ne suivent toujours pas.

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