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Décès de Hakim Debbazi en prison: colère, indignation et appels à «l’ouverture d’une enquête»

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© DR | Hakim Debbazi, arrêté le 22 février 2022

Le décès du détenu d’opinion, Hakim Debbazi, à la prison de Koléa dans la wilaya de Tipaza, a été confirmé lundi par plusieurs avocats. L’information a déjà fait le tour des réseaux sociaux, durant la soirée de dimanche, après une première alerte donnée par Tarek Merah, avocat et défenseur des droits de l’Homme.

Aucune précision n’a été donnée par les autorités, jusqu’à présent sur les circonstances de ce tragique événement. Au moment où l’opinion publique exprime son indignation, le ministère de la Justice, sensé éclairer et la famille et les citoyens sur la mort d’un détenu, histoire d’éviter d’ailleurs toute interprétation, est aux abonnés absents.

Des militants, des chefs de parti, des organisations de défense des droits de l’homme ont déjà exprimé leur colère. Ils réclament que toute la lumière soit faite sur le décès de Hakim Debbazi, militant du Hirak.

Pour la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH),  «les autorités judiciaires sont tenues d’informer l’opinion publique sur tous les détails, circonstances et causes de cette disparition tragique». Tout en affirmant suivre de près le dossier, l’organisation appelle, dans un communiqué, les mêmes autorités «à ouvrir une enquête judiciaire immédiate pour situer les responsabilités, révéler toute la vérité et faire justice».

«état de santé inquiétant»

Selon la LADDH qui a confirmé le décès du détenu, Hakim Debbazi, 55 ans et père de trois enfants, et originaire de Hadjout (Tipaza), a été arrêté le 22 février 2022. Il se trouvait sous mandat de dépôt à la prison de Koléa et malgré son «état de santé inquiétant», une demande de remise en liberté provisoire déposée par ses avocats, «a été rejetée».

De son coté, Atmane Mazouz, cadre du RCD et candidat déclaré à la présidence du parti, pointe les «circonstances non élucidées» qui entourent le décès de Debbazi. «Les autorités doivent impérativement communiquer sur cette tragique disparition d’un père de famille détenu arbitrairement pour ses opinions», écrit l’ancien député sur sa page facebook.

L’Union pour le changement et le progrès (UCP), a, dans un communiqué, exigé « l’ouverture d’une enquête sur les circonstances exactes de ce décès ». « Une enquête dont les détails doivent, cette fois-ci, être révélés à l’opinion publique nationale », écrit le parti de Me Zoubida Assoul. Dans une publication, l’avocate s’est demandée « n’est-il pas temps de mettre fin à la machine de la détention provisoire devenue inéluctable ?».

La machine de la détention provisoire

La consternation est telle que ce drame rappelle d’autres survenus en prison. Kamel Eddine Fekhar et Mohamed Tamalt, en l’occurrence. «Apres Mohamed Tamalt et le docteur Fekhar, Debazi Hakim est mort en détention. Aucun responsable, aucun coupable pour répondre de ce crime», s’indigne l’écrivain-journaliste Arezki Aït-Larbi.

En mai 2019, le défenseur des droits de l’Homme, Kamel Eddine Fekhar, en détention provisoire, est décédé à l’hôpital de Blida où il avait été transféré dans un état comateux. En décembre 2016, le journaliste Mohamed Tamalt qui purgeait une peine de deux ans, est décédé après une évacuation vers l’hopital de Bab El Oued.

Fekhar et Tamalt dans les mémoires

Ancien avocat de Fekhar, Me Salah Dabouz a réagit au décès de Hakim Debbazi et se pose des questions. « Était-il en détention provisoire qui s’éternise ? » et « dans quelles conditions se trouvait-il », se demande l’avocat. Pour Me Dabouz, «une enquête sérieuse, par une instance crédible sur toutes les morts en prison (…) devient indispensable».

L’enterrement de Hakim Debazi, est prévu pour l’après-midi de ce lundi, au cimetière Edekhla de Hadjout, à Tipaza.

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