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Politique

Décès d’Ahmed Gaïd Salah : le début d’une nouvelle ère pour l’Algérie ?

Melissa NAIT ALI

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© INTERLIGNES | Manifestation 12 avril 2019 à Alger

Le décès, hier, du général de corps d’armée et chef d’État-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, est, incontestablement, synonyme de la fin d’une époque. C’est une page lourde de l’histoire du système algérien qui vient d’être tournée. Et pour cause, son rôle dans l’échiquier politique national durant les 15 dernières années.

Chef des forces terrestres durant la décennie noire, Ahmed Gaïd Salah a été promu chef d’État-major de l’ANP en 2004 par le président déchu, Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier, en guerre ouverte avec le puissant général Mohamed Lamari, s’est tissé des liens étroits avec le défunt, après l’avoir sauvé, dit-on dans les milieux militaires, d’une mise à la retraite. Un grand service lui a été rendu.

Loyal, le chef d’État-major lui a rendu la pareille, voir plus. AGS, comme il est surnommé depuis le début de la crise politique actuelle, a fortement contribué à prolonger le règne d’Abdelaziz Bouteflika qui bat tous les records de longévité à la tête de l’État : 20 ans de pouvoir, qui n’a pris fin qu’après un soulèvement populaire massif et déterminé.

Il n’a pu rester autant au pouvoir sans la précieuse aide de l’appareil du système, dont notamment le commandement militaire avec à sa tête Ahmed Gaïd Salah. Ce dernier a eu un rôle décisif, notamment depuis 2014. Il serait l’un des artisans du 4ème mandat, contesté à l’époque par plusieurs acteurs politiques et par le mouvement Barakat qui a été maté par les services de sécurité.

5ème mandat

Ensuite, il s’est posé, durant plusieurs années, comme garant de la « continuité », malgré l’effacement quasi complet du chef de l’État, dont l’état de santé ne cessait de se dégrader. Des voix qui s’élevaient pour s’interroger sur l’identité de celui qui gouverne au nom du président, ont été tues par les discours autoritaires du chef d’État-major de l’armée.

En effet, les résolutions du congrès de l’opposition, appelé Mazafran 1, et les lettres du groupe des 19 personnalités, dont des Moudjahids et des chefs de partis, n’ont eu aucun écho auprès de l’institution militaire. Cette dernière refusait, par la voix de Gaïd Salah, toute intervention directe en politique.

AGS, de l’avis de beaucoup d’observateurs, a également aidé le chef de l’État à démanteler l’ex DRS et à affaiblir son puissant patron, le général Toufik, qui a fini par être limogé en 2015. On dit aussi, qu’il avait donné son accord pour le 5ème mandat qui a été, finalement, empêché par le Hirak. Mais après la démission du président Bouteflika, le premier responsable de l’institution militaire s’est imposé comme le seul détenteur du pouvoir. Sa gestion de la situation politique, ses interventions hebdomadaires, ont fait de lui, durant 10 mois, le vrai décideur. Une donne qui fait tomber l’idée que « l’armée est loin du champ politique ». Sa disparition pourrait être le début d’une nouvelle ère pour le pays…

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