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 Crise politique : le blocage persiste 

Melissa NAIT ALI

Publié

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C’est le septième mois. Ce temps perdu aurait pu être suffisant pour mettre l’Algérie sur le rail d’une véritable solution politique à la crise actuelle. Mais l’entêtement des tenants du pouvoir réel a fait que le pays reste au point du départ. Peut-être pour une longue période.

 

En effet, rien n’indique que la situation que traverse l’Algérie depuis le début de l’année en cours ira dans le sens d’un dénouement heureux : face aux discours menaçant du vice-ministre de la défense, Ahmed Gaïd Salah, considéré par des observateurs de la scène nationale comme l’élément bloquant, le mouvement populaire se renforce et se montre décidé à arracher la vraie rupture avec le système défaillant.

Entre les deux, le panel de dialogue et de médiation, dirigé par l’ancien président de l’APN, Karim Younes, est sous fortes pression. Sa démarche visant à satisfaire l’exigence de l’armée, avec la préparation du terrain à une présidentielle « dans les plus brefs délais » butent sur un rejet populaire qui va en s’accentuant.

Aujourd’hui à Boumerdes, des dizaines de citoyens ont réservé un accueil particulier à l’équipe de Karim Younes. Informés, la veille, de la présence des membres de panel dans leur wilaya, des dizaines de citoyens de Boumerdes ont organisés un rassemblement devant la maison de la culture, Rachid Mimouni, qui devrait accueillir la cérémonie d’installation des membres chargés de la gestion de la permanence du panel.

Ce « comité d’accueil » a scandé des slogans hostiles au panel, au pouvoir et à ceux qui se sont portés volontaires pour participer à ce dialogue, dont la finalité est d’organiser, rapidement, une élection présidentielle.

«Daoula madania machi aaskaria (pour un Etat civil et non pas militaire) », lancent les manifestants, qui ont aussi brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire des appels à la libération des détenus, notamment le moudjahid Lakhdar Bouregaâ.

Un dialogue avec des clients du système

La commission de dialogue et de la médiation a eu droit au même accueil, avant-hier, à Chlef et durant la semaine dernière à Oran et à Bouira. Cette réaction des citoyens est justifiée, notamment, par la composante des invités du panel. Ces derniers, selon les contestataires, sont en majorité des clients du système, dont certains ont été rappelés après des années de mise à l’écart.

On parle ainsi de la mobilisation des anciens responsables des organisations satellitaires du FLN, dont l’UNJA et l’UNEA. Sur ordre des responsables de l’armée, ces derniers tentent de constituer vite des représentations du panel qui se transformeront, vite, en comité de soutien au futur candidat du système.

Mais la réaction des citoyens donnent déjà un avant-goût du prochain bras de fer qui opposera le mouvement populaire qui reprend un nouveau souffle et le pouvoir qui tentera d’imposer une présidentielle dans les prochaines semaines…

Avant-hier, l’instance présidée par Karim Younes a eu la même mésaventure à Chlef ou des citoyens ont forcé les portes de la maison de la culture où devait avoir lieu l’installation de la représentation de l’instance au niveau de la wilaya. Ils ont même arraché l’affiche du panel en dénonçant, particulièrement, la composante de cette représentation, qui selon les manifestants, est formée, majoritairement, de militants du FLN, du RND et du MPA.

« Nous ne voulons pas de ces imposteurs qui ne représentent qu’eux même. Nous voulons un vrai dialogue avec de vrais représentants du hirak », déclarent les protestataires. La semaine dernière, le coordinateur de la commission de dialogue et de médiation a dû annuler son déplacement dans la wilaya de Bouira, où il était également attendu par des protestataires.

Des organisations proches du pouvoir relancées   

Mardi dernier, des citoyens de la wilaya d’Oran ont également empêché la tenue d’une rencontre des représentants du panel. Ils ont assiégé le siège devant accueillir les membres du panel pour dénoncer ceux qu’ils « qualifié d’imposteurs ». Mais malgré cela, Karim Younes et son équipe ne reculent pas. Niant toute réalité du terrain et s’enfonçant dans un discours fallacieux, l’ancien président de l’APN déclare « avoir rencontré toutes les tendances politiques, 300 associations de la société civile, plus de 3000 animateurs du mouvement citoyens à travers le pays ».

Selon de nombreux observateurs, la démarche du panel, téléguidée par l’armée, consiste à réactiver toutes les cellules dormantes de l’ex-parti unique. C’est ainsi que des anciens de l’UNJA et de l’UNEA, marginalisés par le régime du président déchu, ont été rappelés pour encadrer les structures du panel et former les futures comités de soutien au prochain candidat du système.

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