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Crise politique : Bensalah fait des concessions, mais refuse la transition

Bouzid ICHALALENE

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Le chef de l’Etat Abdelkader Bensalah insiste sur l’organisation d’une élection présidentielle, malgré le rejet total de cette démarche par la rue et la majorité des partis politiques. Il appelle, en même temps, à un « dialogue inclusif » qu’il considère comme « unique solution à la sortie de crise ». Dans un discours prononcé aujourd’hui, il assure que l’Etat, y compris l’institution militaire, ne sera « pas partie prenante de ce dialogue ».

 

Ignorant la revendication principale des partis de l’opposition et de la société civile, qui consiste en la libération immédiate de tous les détenus d’opinion, le chef de l’Etat dont expire le mandat constitutionnel dans quelques jours, donne l’impression que l’Etat fait des concessions et veut devancer la conférence nationale initiée par le pôle du changement prévue le samedi 06 juillet, en faisant quelques concessions.

Jugeant ce dialogue « plus que nécessaire », le chef de l’Etat a estimé qu’il constitue également « la meilleure voie pour parvenir aux formules consensuelles nécessaires sur l’ensemble des questions en rapport avec l’élection présidentielle. Ce dialogue est, soutient-il, urgent, parce que le pays doit recouvrer au plus vite sa normalité politique et institutionnelle, qui le mettrait en position de faire face aux incertitudes économiques et sociales et aux menaces qui pèsent sur notre sécurité nationale du fait d’un environnement extérieur particulièrement complexe ».

Abdelkader Bensalah contourne ainsi l’idée de la période de transition revendiquée par la majorité des partis, la société civile et les personnalités nationales et opte pour « un dialogue national inclusif » sur la prochaine échéance présidentielle, assurant que l’Etat, y compris l’institution militaire, ne sera « pas partie prenante de ce dialogue ».

L’arrêt immédiat des harcèlements judiciaires et des menaces contre les citoyens

Partis politiques, personnalités et représentants de la société civile qui militent pour la souveraineté populaire et l’alternative démocratique, réunis, le 26 juin 2019 à Alger, ont exigé dans le pacte politique pour une véritable transition démocratique « l’arrêt immédiat des harcèlements judiciaires et des menaces contre les citoyens, les militants des partis politiques et de leurs organisations, du mouvement associatif, des syndicalistes, des militants des droits de l’Homme et des journalistes ».

Le chef de l’Etat invite, à ce titre, toutes les parties à « mettre de côté les calculs marginaux et les exigences irréalistes », soulignant que celles-ci « sont de nature à prolonger la situation actuelle et d’entraîner notre pays dans une situation de vide constitutionnel, source d’incertitude et d’instabilité ».

Le dialogue que le chef de l’Etat défend, sera, conduit et mené « en toute liberté et en toute transparence par des personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale ».

Il précise que l’Etat, « se contentera de mettre tous les moyens matériels et logistiques à la disposition du panel de personnalités, qui décidera lui-même des modalités de son fonctionnement ». Mais, pour rappel, la majorité des personnalités nationales ont appelé hier à une manifestation historique pour le 05 juillet prochain, date du 57ème anniversaire de l’Indépendance qui coïncidera avec le 2èmee vendredi de contestation.

Personnalités consensuelles

Pour le chef de l’Etat qui reste sur la même trajectoire que le chef de l’Etat-major de l’ANP, qui insiste lui aussi sur l’urgence et la nécessité d’organiser une élection présidentielle et de rester dans un cadre constitutionnel, le dialogue devrait, en outre, axer ses discussions sur « l’organe ou l’autorité électorale indépendante à mettre en place » et qui « aura pour mandat d’organiser et de contrôler le processus électoral dans toutes ses étapes ».

« Il s’agira de débattre et d’arrêter la configuration de cette entité et de fixer ses missions et attributions, son mode d’organisation et de fonctionnement ainsi que sa composante, y compris, éventuellement, les personnalités consensuelles devant la diriger », ajoute-t-il.

Pour le chef de l’Etat, cette entité qui va se substituer à l’administration publique « sera appelée à intervenir sur tout le territoire national et aura, par conséquent, des démembrements au niveau des wilayas, des communes et des circonscriptions électorales de notre communauté à l’étranger ». Une loi spécifique devrait être adoptée pour permettre la mise en place de cet organe, a affirmé Abdelkader Bensalah qui a souligné, en outre, la nécessité d’adapter, en conséquence, le dispositif législatif et réglementaire, notamment la loi électorale. 

Haute instance indépendante de surveillance des élections

Il a relevé ainsi la nécessité de réviser cette loi pour « y introduire toutes les garanties à même de faire en sorte que ce scrutin puisse répondre à toutes les exigences d’impartialité, de régularité et de transparence ». « Comme il sera également nécessaire d’examiner l’articulation entre cet organe qui sera créé et la Haute instance indépendante de surveillance des élections, prévue par la Constitution, dont il est possible de revoir la composition », ajoute-t-il.

Pour le chef de l’Etat, l’élection présidentielle « reste la seule solution démocratique viable et raisonnable » pour transcender les écueils de cette étape cruciale de l’Histoire de l’Algérie ».

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