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Politique

Corruption : l’Algérie régresse selon Transparency International

Melissa NAIT ALI

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© DR | Transparency international
© DR | Transparency international

Les années se suivent et se ressemblent pour l’Algérie. En matière de lutte contre la corruption, le pays régresse. En dépit du brouhaha général provoqué par l’opération dite « mains propres », lancée en avril dernier dans l’objectif d’absorber la colère populaire et de détourner l’attention de l’opinion nationale, aucune avancée n’est réalisée en matière de lutte contre le fléau tentaculaire de la corruption. 

Que des scores médiocres qui donnent accès à un classement mondial peu enviable. Selon le rapport annuel sur l’indice de perception de la corruption (IPC), rendu public aujourd’hui par l’ONG Transparency International, l’Algerie arrive à la 106e place sur 180 pays dans le classement de 2019. Le score du pays n’est pas aussi réjouissant. L’Algérie obtient 35 points sur 100, enregistrant un recul d’une place comparativement à 2018 lorsqu’elle avait occupé la 105e position.

Au plan régional, l’Algérie reste à la traine, en comparaison avec les scores des pays voisins. Dans l’IPC 2019, l’Algérie arrive loin derrière le Maroc 80e avec un score de 41 points sur 100 et la Tunisie 74e avec un score de 73/100. Selon le rapport, l’Algérie et l’Egypte se partagent la même position avec le même score. Les seuls pays d’Afrique du nord qui sont mal classés par rapport à l’Algérie sont la Mauritanie (137e avec 28 points) et la Libye (168e avec 18 points sur 100).

Au niveau africain, l’Algérie est aussi loin derrière des pays comme le Burkina Faso (85e), l’Afrique du Sud (70e), le Sénégal (66e) ou encore le Rwanda (57e). Au niveau africain, le Botswana est le pays africain qui a le moins de corruption « 34e place avec un score de 61 sur 100 ». Il est suivi par l’Île Maurice en deuxième position sur le Continent, qui arrive au 56e rang.

L’argent et la politique

Transparency International relève à cette occasion que l’indice de Perception « de la Corruption 2019 révèle qu’un nombre impressionnant de pays ne montrent que peu ou pas de signes d’amélioration dans la lutte contre la corruption ».

« Notre analyse suggère également que la réduction de l’influence de l’argent en politique et la promotion de processus de prise de décision inclusifs sont essentielles pour lutter contre la corruption », souligne Transparency International.

Les responsables de l’ONG mettent également en garde contre, notamment, la connexion entre l’argent et la politique. « Les gouvernements doivent s’attaquer de toute urgence au rôle corrupteur des grosses sommes d’argent dans le financement des partis politiques et à l’influence indue qu’elles exercent sur nos systèmes politiques », explique Delia Ferreira Rubio, Présidente de Transparency International, citée dans le rapport.

Pour sa part, Patricia Moreira, directrice générale de l’ONG, précise que : « Pour avoir une chance de mettre fin à la corruption et d’améliorer la vie des citoyens, nous devons nous attaquer à la relation entre la politique et l’argent. Tous les citoyens doivent être représentés dans la prise de décision ».

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