Commentaire: Le fou qui cache le responsable

L’image a choqué le pays. Un nervi, barbus et qamis de rigueur, s’est attaqué à une stèle. La « dame » qui orne la ville de Sétif ; dont la source abreuve des bouches assoiffées venues de tous les coins et recoins du pays, a été « humiliée », violée au vu et au su de tout le monde. Et l’homme qui a commis l’acte a bien « visé » : il a attaqué la statue dans ce qu’elle de féminin ; à savoir les seins et le visage.

Les seules informations officielles disponibles évoquent un acte commis par un fou. Un fou de Dieu, diront les plus téméraires des Algériens. Mais il se trouve qu’à chaque fois qu’un « crime » est commis, on désigne vite un coupable presque imaginaire : c’est un fou. C’est comme cela que Boumaarafi, le présumé assassin du président Boudiaf a été présenté. C’est au nom de cette « folie » qu’une femme, qui a commis un infanticide à Draria, sur les hauteurs d’Alger, a également été présentée devant un juge d’instruction qui a prononcé la relaxe. La raison ? Un Jin a tué le petit bébé. Le juge a donc estimé que la dame était « irresponsable ». Ce qui lui a permis de tuer un deuxième enfant du couple, une fille.

L’histoire de ce « fou » de Sétif ressemble à toutes les autres : « Pour tuer son chien, il faut l’accuser de rage », indique le proverbe. Et le barbu de Sétif a été accusé de folie pour diluer la responsabilité collective, celle d’une mouvance islamiste qui veut tuer tout ce qui est beau, toute création et tout ce qui signifie la vie. C’est également une manière de dégager toute responsabilité sur un Etat –ou tout au moins une partie de celui-ci- qui laisse faire ces fous de Dieu.

Ce nouvel « attentat », cette atteinte à la pudeur de la Culture est donc un mauvais signe. Car, si les islamistes ont véritablement été battus militairement, ils ont pris le dessus sur le plan idéologique. La société est traversée par cette maladie du salafisme qui risque d’emporter le peu de raison qui reste encore à ce peuple!