Cocaïne d’Oran : l’avocat de Kamel « El Bouchi » jette un pavé dans la mare

L’avocat de Kamel Chikhi, alias « El Bouchi », Saïd Younsi vient de jeter un véritable pavé dans la mare. Alors que l’opinion publique nationale attend les résultats de l’enquête pour connaître surtout les noms des gros bonnets impliqués dans l’affaire, l’avocat surprend tout le monde en désignant les nombreuses zones d’ombre qui entourent ce dossier chaud de l’été 2018.

L’avocat de Kamel Chikhi, alias « El Bouchi », Saïd Younsi vient de jeter un véritable pavé dans la mare. Alors que l’opinion publique nationale attend les résultats de l’enquête pour connaître surtout les noms des gros bonnets impliqués dans l’affaire, l’avocat surprend tout le monde en désignant les nombreuses zones d’ombre qui entourent ce dossier chaud de l’été 2018.

Il évoque dans une interview d’une page accordée, ce lundi 6 août au quotidien El Watan, « des faits troublants » et s’interroge « sur les graves manquements à la loi signalés dès l’éclatement de l’affaire ». Il évoque la légalité de la levée des scellées du container contenant de la marchandise prohibée en Espagne, l’arraisonnement du navire qui la transportait en haute mer et les arrestations sélectives des personnes suspectées.

Affirmant d’emblée que le dossier de son client « est vide », l’avocat fait de nombreuses révélations sous forme d’interrogations. La première concerne le « filtrage des images » enregistrées par les caméras de surveillance installées dans le bureau d’El Bouchi. Il s’interroge ainsi sur l’arrestations de certaines personnes figurant dans les vidéos et pas d’autre, notamment un magistrat.

« Parmi les images, on voit un conservateur dans le bureau de Kamel Chikhi, avec un juge, président d’un tribunal administratif. Le conservateur est en prison, le magistrat n’a jamais été inquiété. Je ne dis pas que ce dernier est impliqué », lance-t-il.

La visite mystérieuse d’un responsable du ministère de la justice

Poursuivant sa série d’interrogation, l’avocat se pose encore la question de savoir pourquoi « un responsable du ministère de la justice s’est rendu en prison pour discuter avec Kamel El Bouchi ». « Pour quelle raison ce responsable se déplace-t-il en prison pour discuter avec Kamel Chikhi ? », questionne-t-il. Mais donner de réponse. « Je ne connais pas encore les raison de cette visite », dit-il.

Saïd Younsi dénonce aussi un traitement de deux poids deux mesures dans cette affaire. «Chikhi a été emprisonné avant même que sa marchandise n’arrive au port. Souvenez-vous de l’affaire des 165 kg de cocaïne saisis à Alger en 2012. La drogue était dissimulée dans des cartons de poudre de lait importée par l’Onil. Peut-on croire qu’une société publique puisse pratiquer le commerce international de la drogue ? », enchaîne-t-il.

Evoquant l’ouverture du container suspecté sans la présence du représentant de la société de transport maritime pour pratiquer un contrôle visuel, l’avocat souligne encore. « C’est quand même troublant qu’on puisse suspecter la présence de drogue dans une marchandise et qu’on réagisse par un contrôle visuel », indique-t-il.

« La justice doit convoquer le général Hamel »

L’avocat s’interroge, dans la foulée, sur le comportement des autorités portuaires de Valence qui ont alerté les autorités algérienne de la présence de la cocaïne sans procéder à sa saisie à leur niveau.

Saïd Younsi revient aussi sur l’arraisonnement du bateau transportant les 701 kg de cocaïne sans le laisser entrer au port pour pouvoir suivre la marchandise jusqu’à son destinataire. «Puisque ce sont les garde-côtes qui sont intervenus, et tenant compte de la hiérarchie, l’ordonnateur ne peut être que le chef de l’état-major de l’ANP. Mais c’est quand même intrigant que le navire soit arraisonné avant qu’il n’arrive au port », lance-t-il. Et d’ajouter : « On aurait pu le laisser décharger la marchandise pour savoir à qui la drogue était destinée». Il réitère aussi, dans ce sens, sa demande faite à la justice pour entendre « l’ancien DGSN, Abdelghani Hamel qui avait des déclarations jugées importantes».

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