Boycott des cours d’arabe : le ministère de l’éducation réagit et rassure sur Tamazight

Le ministère de l’éducation nationale réagit pour la première fois aux événements ayant secoué plusieurs établissements scolaires de Kabylie où les élèves ont boycotté les cours d’arabe.

«Aucun n’a intérêt à instrumentaliser l’école ou sur-politiser la question des langues », affirme le département de Nouria Benghabrit, dans un communiqué rendu public, ce mercredi 31 octobre.

Le ministère de l’éducation nationale, lit-on dans ce document, « rassure toute la communauté éducative ». « Le socle législatif de la langue Tamazight est assuré aujourd’hui, au niveau le plus élevé de nos textes : la Constitution. La constitutionnalisation, par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, de Tamazight en tant que langue nationale et officielle est un acquis national », lit-on dans ce document.

Et d’ajouter : « Le ministère de l’éducation s’attelle à faire de Tamazight une langue à part entière du paysage éducatif national. Le secteur de l’éducation nationale a fait des efforts importants et continus pour la promotion de l’enseignement de Tamazight. Et depuis 2014, l’enseignement de Tamazight connais une dynamique soutenue pour sa généralisation et son élargissement comme cela est clairement stipulé dans la circulaire-cadre de cette année scolaire 2018-2019 (action 30, amélioration des apprentissages-Axe de la pédagogie) ».

Parmi les réalisations dans ce domaine, se réjouit le ministère, « il y a l’élargissement de l’enseignement de Tamazight de 11 wilayas en 2014 à 43 wilayas cette année, manuels de Tamazight en caractère arabe, tifinagh et latin, l’élaboration d’anthologies littéraires scolaires de Tamazight et pas une demande d’ouverture de classe qui n’ait été satisfaite… »

La révision de la Constitution en 2016 est venue, rappelle la même source, pour conforter, davantage, la volonté politique visant le renforcement de la place de Tamazight, en prévoyant dans son article 4 la création de l’académie algérienne de la langue amazighe (…), couronnant ainsi la volonté politique suprême en Algérie qui a fait la promotion de Tamazight une mission nationale, étant un bien commun de tout le peuple algérien.

« Le ministère de l’éducation nationale dans sa composante fait de l’extension au plan territorial et de la maîtrise de l’enseignement de la langue Tamazight l’une de ses grandes priorités », précise encore le ministère.

Pour ce département, le « temps aujourd’hui est au travail pédagogique sur le terrain ». « Il faut assurer la continuité dans l’encadrement des enseignants par une formation de qualité pour faire que sur le terrain cette langue, dans sa diversité, prenne la place qui lui revient, c’est-à-dire langue nationale et officielle », indique la même source.

Ce faisant, la ministre de l’éducation en appelle, aujourd’hui, à la générosité et à l’engagement traditionnel des enseignants pour rattraper les cours perdus par les élèves des établissements ayant connus une perturbation des cours.