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Politique

Bouchachi : “Le Hirak n’est pas lié à la date du 12 décembre”

L’avocat et militant des droits de l’homme Mustefa Bouchachi s’est exprimé hier sur la situation politique et la présidentielle du 12 décembre “Imposée” par les tenants du pouvoir malgré le rejet. Il estime que le Hirak est en bonne santé et doit se poursuivre même après la présidentielle.

Bouzid ICHALALENE

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L'activiste Samir Belarbi et l'avocat Me Mustapha Bouchachi
© INTERLIGNES | L'activiste Samir Belarbi et l'avocat Me Mustapha Bouchachi

Que pensez-vous de la présidentielle du 12 décembre ?

Ceux qui insistent sur la tenue de l’élection présidentielle dans ces conditions et de la façon dont se déroulent les choses actuellement, ne peuvent ignorer que cela débouchera immanquablement sur une situation inextricable, car le président sera faible et illégitime. A partir de là, il ne fera qu’affaiblir encore plus l’image de l’Algérie sur le plan international, déjà affaiblie depuis la maladie de Bouteflika. On espérait que les tenants du pouvoir allaient écouter le peuple. Nous pensons que c’est une fuite en avant.

Le Hirak n’a aucune relation avec un quelconque calendrier. Les algériens, sortis le 22 février, avaient pour principal but d’instaurer la démocratie, dans l’espoir de voir les institutions changer. Il ne cessera pas le 12 décembre car les revendications du peuple ne sont pas satisfaites.

Bien au contraire, les Algériens vont continuer à lutter et vont, certainement, essayer de trouver d’autres moyens de contestation afin d’avancer. Ce qui est certain c’est que le Hirak n’est pas lié à la date du 12 décembre, date que nous avions espéré qu’elle soit une fête nationale, si les tenants du pouvoir avaient accepté la période de transition.

Quelle est la proposition politique du Hirak ?

Au début du Hirak, la classe politique, la société civile, les personnalités publiques ont pris des initiatives, ont fait des propositions et ont montré clairement comment il fallait avancer, mais les gouvernants ont toujours refusé de dialoguer.

On voulait organiser une période de transition d’une courte durée. Au début, nous étions optimistes avec les premiers discours qui disaient qu’ils (Armée Ndlr) allaient accompagner le peuple dans sa démarche vers une Algérie libre et Démocratique.

En vérité, il n’y avait aucune commission de dialogue libre, ni aucune volonté d’aller vers une présidentielle libre et démocratique, au vu de tout ce qui s’est passé. Le peuple est source de tout pouvoir.

Quel est votre commentaire aujourd’hui sur les condamnations des militants ?

Dans les pratiques judiciaires, trois ou quatre accusations brandies lors des procès des détenus du Hirak, à savoir, atteinte à l’unité nationale, publication, attroupement ainsi que l’atteinte au moral des troupes. En réalité, la majorité des manifestants arrêtés sont poursuivis pour port du drapeau amazigh, alors qu’ils n’ont qu’exprimé leurs opinions dans les quatre coins du pays. Ils sont des centaines.

En toute objectivité, ces détenus pour une forte majorité n’ont commis aucune infraction judiciairement répréhensible. Ce drapeau amazigh est, de tous temps, apparu entre les mains des supporters des clubs de football kabyles et, soudainement, voilà qu’il s’est devenu une infraction que de le porter. Ces poursuites judiciaires visent à casser le Hirak et quelques figures influentes du Hirak, à l’exemple de Karim Tabou, Fodil Boumala, les militants de RAJ, ou certains blogueurs influents sur les réseaux sociaux.

Quand le pouvoir a décidé de les mettre en prison c’était pour des raisons politiques, à savoir leurs opinions. Aujourd’hui, ils sont, concrètement, des détenus d’opinion ayant exprimé librement leurs idées, comme le garantit la constitution. Ils n’ont commis aucune infraction.

Je précise que ces poursuites judiciaires en centaines, dont le but est juste de casser le Hirak,  écorchent l’image de l’Algérie.

Et sur le procès de Ouyahia et Sellal qui devait se tenir le 2 décembre?

Nous soutenons les poursuites judiciaires à l’endroit des corrompus de l’ancien système, mais leur jugement ne devrait se faire qu’après l’instauration de la démocratie.

La question est comment on a accepté et toléré cette corruption durant plus de 20 ans ? Le mérite de voir des gouvernements entiers en détention revient au Hirak. Ceci est une leçon à retenir pour le futur, car, désormais, les responsables vont devoir composer avec la loi et s’éloigner de ce genre de pratiques. Tout le monde va craindre la justice.

Ceci ne se concrétisera pas, en vérité, sans l’instauration de la démocratie et la justice et sans la séparation des pouvoirs. Je tiens signaler que les prévenus sont poursuivis dans le cadre de corruption. J’ai vraiment espéré que les procès soient programmés dans d’autres conditions, à savoir l’apaisement, pour que l’histoire retienne que leur jugement a eu lieu dans des conditions équitables.

Et si on faisait un constat sur le Hirak ? Quel avenir pour ce mouvement?

La révolution du 22 février est un patrimoine national. Le monde entier sera témoin que cette révolution avait pour objectif d’instaurer un état démocratique et juste. Il faudra, dans tous les cas de figure, maintenir le caractère pacifique.
Beaucoup de nos concitoyens sont déçus car leurs revendications sont ignorées par les tenants du pouvoir. Nonobstant, on devra maintenir le caractère pacifique.

Il ne faut en aucun cas avoir recours à la violence, qu’elle soit verbale ou physique, car le monde entier citera notre révolution comme exemple. La violence donnera au pouvoir l’argument de réprimer. Il ne faut pas répondre à la provocation. C’est ainsi que nous allons réaliser, enfin, les revendications du peuple.

Je veux rendre hommage à tous ces citoyens qui sortent marcher depuis le 22 février pour une meilleure Algérie, là où ils se trouvent, dans les quatre coins du monde, car même la diaspora a participé à cette révolution du sourire.
Tout le monde doit comprendre que le Hirak ne vise pas des institutions ni des personnes.

En 1962, nous avons libéré la terre mais jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas libéré l’Algérie des corrompus.

Directeur de publication. Passionné par l'enquête et le reportage. Je m'intéresse à tout ce qui se passe autours de moi.

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Séisme à Mila : le barrage de Beni Haroun non affecté

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Le barrage de Beni Haroun, plus grand barrage d’eau en Algérie, situé à extrême nord de la wilaya de Mila, n’a été aucunement affecté par les deux secousses telluriques enregistrées vendredi matin dans la région, a affirmé le directeur par intérim de la direction des ressources en eau de Mila, Messaoud Lechhab.

Le directeur a relevé “l’absence de tout risque ou menace en lien avec le barrage de Beni Haroun” suite aux deux secousses ressenties dans la région de Hammala, rassurant que l’état du barrage est “stable” et “ne suscite pas d’inquiétude”.

Il a encore souligné que ”des équipes techniques contrôlent et vérifient actuellement le méga ouvrage hydraulique”, rappelant que le barrage de Beni Haroun est doté “d’équipements de diagnostic très avancés et antisismiques”.

A noter que la wilaya de Mila a enregistré vendredi deux secousses telluriques de magnitude de 4,9 et 4,5 degrés sur l’échelle de Richter à 07h15 et 12h13 dont l’épicentre a été localisé à 2 km Sud-Est de Hammala pour la première, et à 3 km au Sud de Hammala pour la deuxième.

La première secousse a été ressentie par les habitants des communes avoisinantes d’Ibn Ziad, Hamma Bouziane et Constantine notamment.

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Politique

Evènements de Tinzaouatine: l’activiste Allal Badi condamné à 2 ans de prison avec mandat de dépôt

Yasmine Marouf-Araibi

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L’activiste Allal Badi a été condamné, jeudi, par le tribunal de Tamanrasset à deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt, selon le comité national pour la libération des détenus (CNLD).

Selon le CNLD, Allal Badi, ingénieur d’état, a été arrêté à cause d’une vidéo qu’il a diffusé dans le cadre des événements de protestation survenus, en juin dernier, à Tinzaouatine, wilaya de Tamanrasset. Il est poursuivi pour “outrage à corps constitué”.

D’après la même source, l’activiste a été arrêté, mardi 4 Août, par une équipe de la gendarmerie nationale. Il a été présenté jeudi devant le procureur du tribunal de Tamanrasset en comparution immédiate.

Pour rappel, les habitants de Tinzaouatine se sont soulevés, le 15 juin dernier, contre l’instauration d’une barrière en fil barbelé qui les a isolé de leur source principale d’eau: El Oued.

Les manifestations ont été violemment réprimées, plusieurs blessés et un décès ont été enregistrés parmi les contestataires.

Dans version des faits, le ministère de la Défense nationale a affirmé qu’ »au moment où les éléments des Garde-frontières ont intervenu pour apaiser la situation, des coups de feu inconnus ont été ouverts depuis Ikhraben en direction des positions de nos Garde-frontières, ayant touché un individu parmi la foule, qui a été immédiatement évacué par les Garde-frontières pour être pris en charge par les services de santé, mais qui a succombé malheureusement à ses blessures. »

Pour le MDN, ces « événements se rapportent à une tentative, menée par des personnes connues par leurs activités suspectes dans la contrebande et le crime organisé, visant à détériorer le mur de sécurisation, en appelant les habitants à la violence et à la manifestation, dans une manœuvre visant à libérer l’étreinte sur leurs intérêts dans la région. »


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Tebboune opère un vaste mouvement dans le corps de la Justice

Yasmine Marouf-Araibi

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Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a procédé jeudi à un vaste mouvement dans le corps de la Justice, annonce un communiqué de la Présidence de la République.

Selon le document, repris par le site-web de la Radio Algérienne, le changement concerne les présidents près les Cours de Justice et les procureurs généraux.

En effet, le mouvement dans le corps des présidents de cours de justice, a porté sur la nomination de 17 présidents, le transfert de 18 autres et des fins de fonctions pour 17 présidents de cours de justice.

Pour les procureurs généraux, le changement a porté sur la nomination de 18 procureurs généraux, le transfert de 17 d’entre eux, et des fins de fonctions pour 19 autres.

Il a été également mis fin aux fonctions de Mohamed Taleb en sa qualité de commissaire d’état près le tribunal administratif de Ghardaia, appelé à occuper une autre fonction, selon le même document.

“Plusieurs normes ont été prises en ligne de compte dans ce mouvement en vue de donner un nouveau souffle à l’action judiciaire, améliorer le service public de Justice, et la reconsidération des fonctions qualitatives dans le corps de la justice”, souligne le communiqué.


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