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Boualem Amoura (Syndicaliste): « le bac algérien a perdu toute crédibilité »

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Le taux de réussite national au baccalauréat, session juin 2022, a atteint 58,75%, avec une moyenne d’admission de 9,50/20. Alors que le ministre de l’Education, qualifie cette session de réussie et d’exceptionnelle, Boualem Amoura, secrétaire général du Satef (Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation), pense tout le contraire. Le Syndicaliste revient dans cet entretien sur les raisons de « l’échec » et appelle à une réforme en profondeur du système éducatif.

Interlignes: Avec une moyenne d’admission de 9,50/20, le taux de réussite au baccalauréat de cette session a atteint 58, 75%. Quelle lecture faites vous des ces résultats?

Boualem Amoura: Ces résultats sont faibles lorsque l’on sait que les sujets étaient abordables et portaient sur le 1er et 2ème trimestres. Malgré ce choix, nos élèves n’ont pas pu répondre facilement aux questions lors de ces épreuves.
De plus, ce taux de réussite nationale est calculé sur une moyenne d’admission de 9,50/20. Qu’on nous donne le taux de réussite des élèves ayant obtenu une moyenne comprise entre 09,50 et 09,99 pour déterminer le vrai taux de réussite au Bac car là, on fait dans la vente concomitante ! Et je me demande jusqu’à quand?

Pourtant, pour le ministre de l’Education nationale, il s’agit d’une session « réussie et exceptionnelle » pour reprendre son analyse.

Je pense qu’il y a une contradiction dans ses propos. D’un côté, il estime que l’année scolaire s’est déroulée dans de bonnes conditions avec un programme dispensé en intégralité et de l’autre, il justifie le maintient de la moyenne d’admission à 9,50/20 par la persistance de la pandémie de Covid-19. Ce qui veut dire implicitement que l’année ne s’était pas déroulée dans dans des conditions normales.

Certes, il n’y a pas eu de grands mouvements de grève affectant l’année scolaire, mais, Rappelez-vous, il y a eu à maintes reprises suspension des cours pour cause de propagation de la pandémie. Partant, de ces données, je peux affirmer que le programme n’a pas été dispensé en intégralité. Déjà en février, des inspecteurs pédagogiques avaient, dans un courrier adressé au ministre, relevé un retard d’un mois dans l’avancement du programme. Toutefois, ce ne sont pas des raisons pour céder le bac à 9,50/20.

Cette promotion d’élèves a, quand même, été la plus touchée du cycle secondaire, par la pandémie, comme l’a précisé le ministre?

Pourquoi annoncer cette moyenne d’admission à une heure de l’affichage des résultats? Pourquoi ne l’a-t-on pas déclaré avant? On savait très bien qu’il s’agissait d’une promotion qui a subit les affres di Covid-19 et on pouvait l’annoncer en septembre 2020. De plus, le ministre lui-même avait soutenu qu’il n’y aura pas, à l’avenir, de Bac à moins de 10/20 cette année.

Le travail de correction a été finalisé avant l’Aïd mais on a retardé l’annonce des résultats. Y a-t-il eu un nouveau travail de coulisses et des tractations ? On n’en sait pas.

Je dis cependant qu’il faut arrêter de justifier l’échec de notre école. Il faut s’attaquer aux racines du mal.

Au satef, nous ne donnons plus d’importance aux résultats car ils ne reflètent pas le vrai niveau de notre école et des élèves. Le scandale du lycée des mathématiques de Sidi Abdelah, l’année dernière, est la meilleure preuve: Sur un total de 172 élèves en première année, 94 n’ont pas eu la moyenne.

Pourtant la filière des mathématiques est arrivée en tête de classement comparativement aux autres filières.

Certes, c’est la meilleure, mais sachez que ses élèves n’ont pas terminé le programme et vont accéder à l’université, comme c’est le cas pour la majorité de nos élèves, avec un savoir au moins et c’est la raison pour laquelle il y a énormément de doublants en première année universitaire.

Pensez-vous que la crédibilité du baccalauréat algérien soit remise en cause?

(Sic) La crédibilité du bac a été entachée il y a déjà longtemps. Nous avons perdu cette crédibilité lorsqu’on a décidé de céder le bac à 09/20, lorsqu’il y avait des fuites massives de sujets, lorsque nos élèves aux moyennes les plus élevées n’arrivaient pas à suivre le programme de première année à l’université.

Je peux même remonter à l’époque pour dire que le bac a perdu toute crédibilité lorsqu’on avait introduit le choix entre deux sujets le jour des épreuves. À tous ces échecs, il faut une refonte radicale du système éducatif.

Ce que revendiquent beaucoup de syndicats autonomes depuis des années?

Oui car le mal est partout. Le mal est dans les rytmes scolaires, dans les volumes horaires, dans les programmes…etc. Donc, la crédibilité du bac a été entachée bien avant 2022.

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