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Bernard Bajolet : « Bouteflika est maintenu en vie artificiellement »  

Le président Bouteflika, avec tout le respect que j’éprouve pour lui, est maintenu en vie artificiellement. Et rien ne changera dans cette période de transition.

Melissa NAIT ALI

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. « Soyons clair. Je souhaite longue vie au président Bouteflika : je ne suggère donc pas qu’on le débranche. Mais cette momification du pouvoir algérien sert certains groupes qui, ainsi, se maintiennent au sommet et espèrent continuer à se maintenir et à s’enrichir »

C’est une véritable bombe que vient de lancer l’ancien ambassadeur de France à Alger et ex-patron de la DGSE, Bernard Bajolet. Alors que les partisans du 5ème mandat du chef de l’Etat ne cessent de mener campagne pour une nouvelle mandature, l’ancien diplomate français intervient pour leur compliquer la tâche.

Dans une interview accordée, ce vendredi au quotidien Français, le Figaro, l’ancien diplomate lance une phrase lourde de sens sur la santé du président Bouteflika. Evoquant les relations algéro-françaises, Bernard Bajolet affirme que le président Bouteflika, convalescent depuis 2013, « est maintenu en vie artificiellement ».

« Les relations entre les deux pays évolueront à petits pas. Et c’est pour deux raisons : La première tient à un problème de génération. La nomenclature algérienne, issue ou héritière de la guerre d’Algérie, a toujours besoin de se légitimer en exploitant les sentiments à l’égard de l’ancienne puissance coloniale », souligne-t-il.

L’ancien ambassadeur de France en Algérie ajoute encore : «La seconde raison est plus conjoncturelle : le président Bouteflika, avec tout le respect que j’éprouve pour lui, est maintenu en vie artificiellement. Et rien ne changera dans cette période de transition ».

Selon lui, « si ouverture il y a, il faudra aussi qu’elle soit réciproque avec, entre autres choses, l’ouverture des archives du FLN ». Bernard Bajolet a reconnu, en revanche, l’existence d’avancées très discrètes dans les relations entre les deux pays».

« Les pieds noirs, et même les anciens appelés, sont bien accueillis en Algérie. Quand j’étais ambassadeur, les Algériens nous ont sincèrement aidés à rechercher, en vain, les corps de soldats français torturés et tués par le FLN », explique celui qui vient de publier un livre intitulé « le soleil ne se lève plus à l’est ». Et d’ajouter : « Il y a un réel blocage sur la question des harkis », précise-t-il.

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