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Politique

Aux couleurs de « silmiya », la jeunesse Algérienne dit non à « la mascarade électorale »

Les visages peints aux couleurs du drapeau national, des cartons rouges “Pas de vote” brandis face aux policiers, les jeunes algériens guidés par les étudiants organisent une grande manifestation à Alger pour dire non au “scrutin de la honte”. Ils insistent pour le maintien du caractère pacifique de la mobilisation.

Bouzid ICHALALENE

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© INTERLIGNES | Manifestation du 11 décembre 2019 à Alger contre l'élection présidentielle
© INTERLIGNES | Les jeunes manifestants se mettent aux couleurs nationales ce 11 décembre 2019 à Alger

À quelques heures du jour de l’élection présidentielle “imposée” par le pouvoir en place, le mouvement des étudiants se mue en locomotive à Alger et organise une énorme manifestation pour dire non à la “mascarade électorale”, tout en gardant l’esprit pacifique du Hirak, malgré la répression et les nombreux blessés.

“Organiser une élection le lendemain du 11 décembre est une provocation de trop”. Yasmine*, est une jeune étudiante à l’université de Bab Ezzouar. Son groupe est appelé par les étudiants, “groupe de choc”. Ils ont pratiquement assisté à toutes les manifestations depuis le début du Hirak. “Si nous n’avons pas baissé les bras durant les mois des grosses chaleurs, Ramadhan et face à toute la répression que nous avons subi, c’est justement par ce qu’on veut aller jusqu’au bout de nos revendications” ajoute Yasmine.

© INTERLIGNES | Manifestation contre la présidentielle du 12/12/2019 à Alger


Aujourd’hui 11 décembre dans le Centre de la capitale, le climat est très tendu. Les étudiants ont lancé un appel anonyme pour une manifestation à la place du 11 décembre à Belcourt. “Si en 1960, les algériens sont sortis manifester dans plusieurs villes du pays, c’était pour soutenir le Front de Libération Nationale qui a trahi le peuple aujourd’hui” lance Amina. “C’est pour la même raison qu’on sort aujourd’hui, on veut libérer l’Algérie de ces dictateurs qui nous gouvernent” soutien-elle.

Le Centre de la capitale a pris une teinte bleue aujourd’hui, couleur des engins de police et des casques bleus déployés un peu partout. Devant la Grande poste, ils chargent les manifestants qui ne veulent pas reculer. Face à eux, les protestataires lèvent des cartons rouges sur lesquels est mentionnée un slogan simple, “Non au vote“. Pour résister face aux forces anti-émeutes qui les poussent, les manifestants se mettent par terre et commencent à scander “Pas de vote“, “Nous ne sommes pas des traitres pour tromper le peuple” et “Algérie libre et démocratique“.

© INTERLIGNES | Manifestant blessé et évacué lors de la manifestation du 11/ 12 2019 à Alger
© INTERLIGNES | Manifestant blessé et évacué lors de la manifestation du 11/12/2019 à Alger

Jeunes, vieux, lycéens, universitaires, et même des enfants se peints aux couleurs du drapeau national avec un seul mot d’ordre : “Pas de vote dans ses conditions”.

Les forces anti-émeutes donnent l’assaut et les policiers en civil interpellent des dizaines de manifestants. C’est la pagaille. Les secouristes évacuent les blessés et leur prodiguent les premiers soins, avec les moyens du bord, dans les rues adjacentes. “Ma jambe, ma jambe“, crie un manifestants sorti en urgence du milieu de la foule par les secouristes en gilets oranges. Un autre manifestant est blessé au nez. Les citoyens forment une chaine autour des secouristes qui leur apportent les premiers soins avant de les évacuer sous les applaudissent de la foule qui scande “Pouvoir assassin” pour dénoncer ces actes de violence policière.

Les agents de police en civil ont tenté d’embarquer Abdenour, un des leaders du mouvement des étudiants à Alger. Ce dernier a failli être embarqué si ce n’était l’intervention de toute la foule qui l’a arraché de force des mains des policiers qui, tout de suite, se sont retirés face à l’énorme foule.

© INTERLIGNES | Manifestation contre la présidentielle du 12/12/2019 à Alger

Pour Amine, étudiant, “cette élection n’a pas lieu d’être. Je ne sais pas comment ils insistent sur sa tenue alors que tout le peuple, ou presque, refuse cette échéance de la honte“, crie-t-il en dénonçant “ce passage en force“. Les manifestants continent à scander des slogans hostiles à cette élection, tandis que les arrestations se poursuivent autour du rassemblement qui se tient actuellement devant la Grande poste à Alger. Le militant du MDS Aziz Hamdi a été, lui aussi, arrêté par la police selon une annonce faite le parti pour lequel il milite, le Mouvement Démocratique et Social (MDS).

De l’autre coté, l’Autorité Nationale Indépendante pour les Élections (ANIE) et le gouvernement ignorent totalement ces manifestations. Dans leurs déclarations de ce jour, aucun membre du gouvernement, ni de l’ANIE d’ailleurs, n’a dit mot sur les manifestations qui se déroulent dans plusieurs wilayas du Pays.

© INTERLIGNES | Manifestation contre la présidentielle du 12/12/2019 à Alger

Devant la Grande poste, les manifestants lancent des appels de soutien pour passer la nuit à l’extérieur en guise de protestation contre cette “mascarade électorale”.

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